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Henri Guisan
Défendre la Suisse, oui. Et la démocratie?

Par Yves Steiner - Mis en ligne le 07.04.2010 à 16:43

Idées. L’admiration pour Mussolini, son vœu de voir la Suisse dirigée par un Chef, de même que son antisocialisme, voilà tout ce qu’a gommé le mythe du général Guisan.

A la fin du deuxième conflit mondial, le collégien Jean-François Bergier rencontre Henri Guisan, un ami de son grand-père. Il admire alors un homme chaleureux. Un demi-siècle après, dans le journal Le Temps, le même - qui préside la commission d’experts indépendants sur la Suisse durant la dernière guerre - juge autrement Henri Guisan: «Je suis parti de l’image reçue que l’on s’était courageusement défendus, qu’on avait un général charismatique. Je participais au culte du général Guisan, qui reste à mon avis une figure très impressionnante, même si on s’aperçoit aujourd’hui que c’était un esprit plutôt réactionnaire, mais avec toutes sortes de nuances.» Pourquoi ce revirement? D’autant que «sa» commission s’intéresse peu au général. Avec prudence, l’historien Bergier résume en réalité les écrits d’une poignée de pairs. Des écrits qui irritent et qui rappellent le conservatisme et l’attrait du fédéralisme pour le militaire vaudois, mais surtout son admiration du corporatisme, son anticommunisme et ses élans pour les grands chefs. Duce inclus.

«Le miracle mussolinien prouve à l’évidence que l’esprit public d’un pays dépend essentiellement de la mentalité de ceux ou de celui qui le gouverne.» Ces lignes, le commandant de corps Guisan les signe dans un rapport destiné au Département militaire fédéral (DPF) et à son chef et ami, l’agrarien bernois Rudolf Minger. Accompagné du colonel divisionnaire Roger de Diesbach, le Vaudois rentre alors d’une mission en Italie fasciste en août 1934. Les deux militaires ont vu les manœuvres de l’armée du Duce dans l’Apennin toscan- émilien, un an avant l’invasion de l’Ethiopie. Subjugué par Benito Mussolini, Henri Guisan griffonne encore quelques lignes en marge du rapport: «En lui, deux hommes, chef dur d’une franchise brutale, d’autre part le charmeur, dans son sourire, dans sa conversation (...). Prestige d’un demi-dieu, Homme sorti du peuple.»

Il serait faux de lire dans ces mots un enthousiasme béat de la part du futur général Guisan. Ou, pire, une adhésion aux idées fascistes du Duce. Si le Vaudois - à l’instar d’autres officiers suisses - admire l’aptitude de l’Italien à diriger la troupe et son peuple, c’est à la sauce helvétique qu’il convient de digérer pareil génie et imaginer, un jour peut-être, un renouveau national en Suisse. Un leitmotiv que l’on retrouve par la suite dans les notes préparatoires de son discours du Grütli, en juillet 1940: «Nous devons évoluer pour nous adapter aux conditions de l’Europe nouvelle. Mais cette évolution doit se faire par nous-mêmes et sans copier l’étranger (....). Pour cela, il faut une rénovation nationale», rédige alors le chef de l’armée suisse.



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Tags: Henri Guisan, Mussolini, Seconde Guerre mondiale,

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Réaction de Jansénius
le 10.04.2010 à 23:09
Ouh là là! Ce Gribouille, en voilà un qui n'aime...
 
Réaction de Gribouille
le 09.04.2010 à 21:17
Après lecture on comprend mieux les événements, on les sent...
 
Réaction de Guisan, de Diesbach et de Reynold avaient raison!
le 09.04.2010 à 10:39
Et si c'étaient Guisan et son ami Gonzague de Reynold...
 



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