Décryptages
Dégâts collatéraux du franc fort
Un franc très fort ne fait pas que des dégâts en Suisse où les entreprises exportatrices sont à la peine. En Hongrie, de nombreux emprunteurs – individus comme entreprises – avaient souscrit des crédits en devise helvétique ou en euro pour bénéficier de taux d’intérêt doux à l’heure où les changes semblaient stables. Ils sont aujourd’hui étranglés par la flambée du franc et de la monnaie européenne face au forint.
Pensant régler le problème à bon compte, Budapest a adopté en septembre une loi autorisant ces endettés à rembourser leurs prêts à un taux de change fixe de 180 HUF/CHF ou 250 HUF/EUR, alors que la monnaie hongroise s’échange ces temps à 250 HUF/CHF et 310 HUF/EUR. Résultat: les établissements financiers prêteurs y sont lourdement de leur poche et n’entendent pas se laisser faire.
Des banques autrichiennes, allemandes et italiennes présentes en Hongrie viennent d’écrire au commissaire européen en charge des services financiers pour dénoncer cette loi contraire – arguent-elles – aux règles européennes. A l’heure où la Hongrie vient d’entamer des discussions avec le FMI et l’Union européenne pour obtenir un «soutien à la croissance», nul doute que cette question sera sur la table des négociations.
Et la solution trouvée observée de près par d’autres pays dont les sociétés et citoyens ont bien du mal à assumer la charge de prêts en devises étrangères souscrits avant crise.
Tags: Franc fort,
|