Si, dans son essence, l’horlogerie est née du besoin de l’homme de conquérir et de maîtriser le temps, dans sa pratique industrielle, elle flirte avec les paradoxes.
Alors que certaines nouveautés annoncées en début d’année ne sont pas encore arrivées - et peut-être, pour certaines, n’arriveront jamais - sur les marchés (quelles qu’en soient les raisons: fiabilisation d’un mouvement, d’une complication, problème dans la fourniture de composants, etc.), certaines marques en sont déjà à lever le voile sur leurs créations de 2012. Il y a dans ce choc et cette accélération des agendas quelque chose qui ne cesse de surprendre.
Lorsqu’on cherche à en expliquer les raisons, la réponse formulée en appelle «à la demande des marchés». Comprendre: les clients, les détaillants, voire les médias. Alors certes, concevoir et fabriquer une montre est un long processus, bien plus complexe que ce que beaucoup imaginent. Mais peut-on vraiment croire que ce sont les clients qui demandent aux marques autant de nouveautés chaque année?
Que ce sont les détaillants, dont les tiroirs débordent de pièces, qui seraient si empressés de les regarnir? Face à l’avalanche des annonces qui, chaque semaine, submergent le chroniqueur, le doute nous assaille. Ne faut-il pas plutôt y voir une sorte de course folle, une nécessité, pense-t-on, de se renouveler, de se distinguer de la concurrence, dont plus personnes ne sait comment ralentir - un peu en tout cas - le mouvement?
Quoi qu’il en soit, les faits sont tenaces, il faut les gérer. On relèvera donc ici le très beau travail de la maison Girard-Perregaux, qui aura marqué l’année de son 220e anniversaire de nombreuses pièces, dont, en pré-SIHH, cette élégante réinterprétation de sa 1966 Calendrier annuel et Equation du temps, déclinée désormais en or rose et cadran gris anthracite.
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