Démembrer les grandes banques serait une aberration
Synergies. Selon le président de l’Association suisse des banquiers, le modèle global des grandes banques profite à toute la gestion de fortune en Suisse.
Konrad Hummler, associé de Wegelin, ou Luqman Arnold, ancien dirigeant d’UBS, souhaitent séparer la banque d’affaires de la gestion de fortune des grandes banques. C’est aussi votre avis?
J’estime que c’est une aberration et je ne comprends pas qu’on puisse proposer cela. Pour la raison suivante: quand vous êtes numéro un dans le monde de la gestion de fortune – comme l’est UBS – ou un des tout premiers – comme l’est Credit Suisse – avec une présence mondiale; vous avez comme clients les very high net worth individuals, les personnes les plus fortunées. Elles se trouvent aujourd’hui surtout en Asie, en Russie et en Amérique. Ce sont souvent des entrepreneurs qui réalisent leur fortune au moment de l’entrée en Bourse de leur société, via une IPO. Ils disposent alors de montants considérables à placer. Mais c’est une illusion totale d’imaginer que nos grandes banques auraient accès à ces gens-là, pour gérer leur fortune, sans avoir été auparavant en mesure de leur offrir des services d’Investment Banking pen-dant la phase de croissance de leur entreprise – en leur donnant accès à des crédits compliqués, personnels ou commerciaux – et sans avoir participé au montage de l’IPO. J’en veux pour preuve que les grandes banques de gestion de fortune qui n’ont pas d’Investment Banking ont des difficultés d’accès à cette cible très particulière de clientèle.
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