De nombreuses négociations salariales sont encore en cours, et se poursuivront peutêtre en 2010. Une chose est sûre: l’heure est à la prudence. Dans l’industrie MEM (machines, électricité, métaux), 35% des patrons s’attendent à une amélioration conjoncturelle en 2010, 45% au (mauvais) statu quo et 20% pensent que la situation va encore se dégrader, selon Swissmem. Dans l’hôtellerie et la restauration, le 13e salaire dès le premier mois, prévu pour 2010, a été repoussé à 2012. Quant aux prévisions par branches de l’UBS, elles sont bien plus pessimistes qu’en 2008: seuls les secteurs alimentaire (+1,2%) et de services aux entreprises (+1,5%) dépasseraient la barre de 1% d’augmentation.
Les instituts d’études et les grandes banques tablent sur une inflation de 0,5 à 1% pour 2010. Ce qui laisse entrevoir une baisse du revenu réel pour de nombreux salariés. D’autant que les augmentations des primes d’assurance maladie viennent s’ajouter à la détérioration. Celles- ci n’entrent pas dans le calcul de l’indice des prix à la consommation. Seule consolation: la progression des salaires minimaux devrait être, proportionnellement, plus importante que la hausse générale.
HAUTS ET BAS SALAIRES
L’écart s’agrandit légèrement
L’écart entre les postes les plus et les moins qualifiés s’est creusé entre 2006 et 2008, sauf dans quelques secteurs, comme le commerce de détail et l’hôtellerie-restauration où existent des salaires minimaux. Si les salaires de moins de 3500 fr. brut par mois sont moins nombreux (5,4% des postes en 2008, 6,2% en 2006), les top managers (1% des postes) ont gagné, par exemple, 0,5% de plus dans la construction, 17,5% dans la chimie et 38,8% dans les banques. PAR RÉGIONS
Les disparités persistent
Les régions rassemblant des secteurs économiques à forte valeur ajoutée (Bâle, Zurich, arc lémanique) sont les seules à se situer au-dessus de la médiane nationale, tant pour les hommes que pour les femmes. Le Tessin est au bas de l’échelle salariale, quel que soit le niveau de qualification. GRANDS PATRONS
Plafonner les rémunérations?
Depuis le sauvetage d’UBS, les rémunérations des grands patrons suscitent l’indignation non seulement à gauche, mais aussi parmi les PME et les petits actionnaires. Deux initiatives s’y attaquent. Celle de Thomas Minder, récemment acceptée par la Commission juridique du Conseil national, prévoit que les actionnaires votent la somme des rémunérations de la direction, du conseil d’administration et du comité consultatif. Celle de la Jeunesse socialiste, dite «1:12», veut plafonner les rémunérations des dirigeants d’une entreprise à douze fois le salaire de l’employé le moins bien payé. La récolte de signatures est en cours. Le Parlement votera sur l’initiative Minder et son contre-projet au printemps déjà.
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