L’année des méduses immortelles
Elle s’appelle «Nutricula de Turritopsis» et a la particularité unique de pouvoir rajeunir ses cellules. Elle se répand dans les sept mers.
INVASION. Si elle savait parler, elle en aurait à raconter, la Nutricula de Turritopsis: ô les fastes du jurassique, l’éveil de l’humanité, Erik le Rouge, Christophe Colomb... Elle a tout vu, puisqu’elle est immortelle. Mais en guise de cerveau elle n’a qu’une cloche flasque...
Cette minuscule méduse hydrozoaire dont le diamètre n’excède pas cinq millimètres possède en revanche une faculté unique dans le règne animal: le don de jeunesse et de vie éternelles. Elle est capable d’inverser le processus du vieillissement, de redevenir polype, c’est-à-dire retourner à la première phase de l’existence.
Dans ce processus, appelé transdifférenciation, un type de cellule peut se transformer en autre type de cellule. Seuls de rares animaux, comme la salamandre, peuvent provoquer cette mutation, mais elle est toujours limitée – au bout de la queue, généralement. La Nutricula, elle, peut régénérer l’ensemble de son corps. La science l’étudie dans l’espoir d’en tirer des applications utiles à l’être humain.
Originaires des Caraïbes, ces méduses profitent du réchauffement climatique et de la raréfaction des prédateurs pour se répandre dans toutes les mers du globe. «Nous assistons à une invasion silencieuse mondiale», prédit le Dr Maria Miglietta, de l’Institut de marine tropicale du Smithsonian.
Sur Facebook, les geeks se veulent rassurants: «Etre immortel ne veut pas dire invincible. Les vampires, par exemple, sont immortels, mais on peut les tuer.» Il faut quand même se préparer à manger de la méduse trois fois par jour.
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