La réponse de Pelli et de Darbellay à Bodenmann
Des partis qui font juste ou faux
Mis en ligne le 23.06.2010 à 15:47
|
FULVIO PELLI ET CHRISTOPHE DARBELLAY
Selon vous, le PS aurait fait tout juste, le PDC et le PLR tout faux. Derrière la question que vous nous avez adressée, nous décelons plutôt une tentative de cacher la piètre image offerte par le PS. En politique, il y a des décisions qu’il faut savoir prendre: l’approbation de l’accord souscrit par le Conseil fédéral avec les USA dans l’intérêt de l’ensemble de la Suisse en faisait partie. Le Parlement est précisément l’endroit où de telles décisions doivent être prises. Prendre en otage cette institution pour y développer des stratégies partisanes revient à la pervertir. L’art de combiner un accord international à des mesures purement nationales témoigne d’une ignorance grave du PS. Ce dernier n’est pas à une contradiction près: un jour, il déménage la place financière suisse de Genève à Singapour, un autre, il se mue en défenseur inattendu des fraudeurs, puisque rejeter l’accord revenait à leur épargner d’être livrés à la justice. Les socialistes devraient se rappeler qu’ils défendent les intérêts des travailleurs, c’est-à-dire des salariés.
Une stratégie médiatique. Protéger les emplois, c’est précisément ce que nous avons su faire. Les socialistes ont préféré développer une stratégie médiatique, en posant des conditions avec la conviction que le Conseil fédéral et d’autres partis s’y seraient pliés. Ils ont ainsi, encore une fois, fait le jeu de l’UDC, qui voulait un oui à l’accord, mais sans y participer. Le PLR et le PDC se sont refusés à se plier à ce jeu du PS, ils ont imposé à l’UDC de participer au oui et proposé par des motions une ligne de conduite pour éviter qu’une grande banque puisse mettre en danger tout le pays et lutter efficacement contre les rémunérations excessives et les bonus.
Critique timide. L’UDC, que vous tentez timidement de critiquer dans votre lettre, a dû changer sa position face à notre seule détermination. Après un slalom politique, qui a déstabilisé jusqu’à son propre comité, l’UDC a participé au oui par l’abstention. La stratégie des socialistes de forcer le monde politique à les suivre a ainsi échoué et M. Christian Levrat a tout perdu. Pour justifier leur défaite, les socialistes n’ont rien trouvé de mieux que d’accuser les autres partis d’être vendus aux banques: une insulte pénible qu’il n’est même pas nécessaire de commenter. En matière de communication, le PS n’a plus rien à envier à l’UDC que vous conspuez si souvent. Les extrêmes se rejoignent. La dernière affiche signée par votre vice-président et cautionnée par M. Levrat relève de l’incitation à la haine. Pour le parti de Mai 68, du peace & love et en tant que succursale du GSSA, c’est un comble.
| Dossier 'Partis politiques' | | |
|