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Par Chantal Tauxe - Mis en ligne le 19.07.2012 à 11:54 |
Nouveau CD de clients volé en Allemagne, employés de banques suisses dénoncés aux Etats-Unis, l’actualité qui nécessiterait son action ou sa réaction ne faiblit pas, mais notre gouvernement s’offre comme d’habitude six semaines de pause. Faut-il instruire le procès du Conseil fédéral en vacances? Nos ministres ne s’adonnent pas à un complet farniente du 4 juillet au 15 août: ils font des voyages utiles (tel Johann Schneider-Ammann en Chine), ils bûchent sur les dossiers de la rentrée, ils se consultent par téléphone si nécessaire.Cette image de placidité n’est pas innocente. Dans un monde chahuté par la crise financière, dans une Europe qui se bat pour sauver sa zone euro et son unité, la Suisse affiche son a-politisme tranquille. A contre-courant de l’h, comme s’en vantait déjà Georges-André Chevallaz, historien devenu conseiller fédéral. Cette léthargie est-elle sage? Notre place financière ne connaît aucune trêve, elle reste sous pression. Dans l’actuelle partie du grand jeu de la mondialisation, qui consiste à identifier ceux qui vont devoir passer à la caisse – à la mesure de leurs moyens, comme dans tout bon ménage commun – pour effacer, corriger les excès qui ont conduit au dérèglement du jeu, elle est notre point d’impact, notre talon d’Achille. Malgré le vide politique, quelques questions, auxquelles nos ministres, au repos ou pas, se gardent bien de répondre: notre place financière serait-elle autant sous pression si nous étions membres de l’Union européenne? L’explication la plus prisée sur la répétition des coups de boutoir consiste à affirmer que «notre réussite économique agace» et que le monde entier, nos voisins de l’UE en particulier, nous jalouse. Cela flatte l’ego national. Mais si on renverse la perspective, on constate ceci: la Suisse est agressée sans fin parce que nous sommes mal introduits ou insuffisamment connectés dans les instances de concertation internationale qui comptent. Trop insulaires, trop isolés pour que qui que ce soit se sente solidaire de nos difficultés créées par quelques banquiers indélicats et cupides. Autre question sans réponse officielle: comment le retour du franc à un cours «normal» se passera-t-il? Un an déjà en septembre que le cours plancher de 1,20 avec l’euro a été introduit, puis défendu par la BNS à coup de milliards. Lorsque nous devrons quitter cette position, sur qui pourrons-nous compter pour que l’atterrissage s’opère en douceur? Avons-nous l’assurance que les autres banques centrales accompagneront la nôtre dans cette manœuvre risquée? Même limité à six semaines, l’a-politisme ronronnant est risqué. Endormi, on ne saura pas réagir vite et bien à un coup dur. Pourquoi le Conseil fédéral inflige-t-il cette apparente inconscience aux citoyens? Est-ce la figure faussement bonhomme de son impuissance? |









