Dans les films ou les romans policiers, les strip-teaseuses sont des filles perdues, qu’une enfance difficile ou un amour déçu ou une inclinaison génétique au stupre ou un amant vicieux (parfois tout ça à la fois) pousse à exhiber leur chair halitueuse devant un parterre de mâles en rut.
Dans la réalité, ce n’est pas tout à fait la même chose, comme le démontre la première étude sociologique menée sur le sujet. D’après celle-ci, en Grande-Bretagne, une strip-teaseuse sur quatre est au bénéfice d’un diplôme universitaire. Et livre son corps dénudé aux mâles regards par vénalité plutôt que par lubricité.
Revenus confortables. Au royaume de la reine Elisabeth et de ses bichons, une danseuse nue gagne en moyenne 280 livres (500 francs suisses) par prestation. A raison de deux ou quatre exhibitions par semaine, voilà qui assure un revenu annuel compris entre 24 000 et 48 000 livres (37 400 et 74 800 francs).
Les jeunes femmes attirées par cet argent vite gagné sont pour la plupart des aspirantes starlettes, des mannequins en mal d’engagement et des artistes cherchant à arrondir leurs fins de mois. Mais l’étude des docteurs Teela Sanders et Kate Hardy, de l’Université de Leeds, souligne qu’un nombre non négligeable de jeunes universitaires diplômées pratiquent également le strip-tease.
Durant les entretiens qu’elles ont menés, les deux chercheuses ont noté que la grande majorité des danseuses nues déclarent éprouver beaucoup de satisfaction à pratiquer cette activité. Avant tout parce que celle-ci permet de mener en même temps des études ou un autre métier, tout en disposant d’un revenu confortable.
Décomplexées. Le Dr Sanders explique avoir ainsi été surprise par «le nombre infini de femmes» qui veulent devenir strip-teaseuses. «Ces jeunes filles ont une grande confiance dans leur corps. Je pense qu’il s’agit là d’une importante évolution culturelle. Nous sommes face à une nouvelle génération de danseuses érotiques qui n’ont pas le sentiment d’être exploitées en s’exhibant durant quelques minutes et en faisant un peu de conversation avec les clients des établissements où elles se produisent.
Dans les films, ou les romans policiers, les strip-teaseuses finissent par recevoir une balle perdue ou par mourir d’une maladie vénérienne ou par succomber à une overdose de barbituriques (parfois tout ça à la fois), en souhaitant à l’homme qu’elles aiment d’être heureux avec la pure et innocente jeune fille qu’il vient d’épouser.
Dans la vraie vie, il se pourrait qu’une de ces danseuses nues se retrouve un jour titulaire d’une chaire à Harvard.
ADAPTATION PMG
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