L'Hebdo;
2009-05-07 DESIGN SOLAIRE
ELISABETH GORDON
«SUNNY MEMORIES».
Lorsque des étudiants designers s'emparent des cellules solaires, ils créent des objets innovants. Pratiques ou ludiques, fonctionnels ou esthétiques, mais toujours surprenants.
L' avenir de l'énergie solaire est entre les mains des chercheurs et ingénieurs. Mais son rayonnement est du ressort des créatifs, architectes et designers, qui devront s'approprier les innovations technologiques et les intégrer dans notre quotidien.
Soucieux de rapprocher ces deux mondes qui «ont des références culturelles et des langages différents», Nicolas Henchoz, directeur de l'EPFL+ECAL Lab a «lancé le mouvement» en créant un workshop international, Sunny Memories. A son initiative, plus de quatre-vingts étudiants de quatre prestigieuses écoles d'art - l'ECAL (Ecole cantonale d'art de Lausanne), l'ENSCI (Ecole nationale de création industrielle à Paris), le CCA (California College of the Arts à San Francisco) et le RCA (Royal College of Art de Londres) - se sont emparés des cellules solaires pour imaginer et réaliser, sous la conduite de grands noms du design, des objets déroutants. Les travaux sélectionnés sont présentés dans l'exposition Sunny memories, inaugurée ce jeudi à l'ECAL.
Loin des traditionnels panneaux bleus et rigides qui font souvent tache dans le paysage, les cellules solaires de nouvelle génération - à commencer par celles dites «de Grätzel», du nom du professeur de l'EPFL qui les a inventées - sont fines, colorées, translucides et même flexibles. Des matériaux rêvés pour les designers qui peuvent aisément les manier, les tisser, les marier à divers supports. Qui peuvent les décliner en motifs variés pour donner naissance à des objets à la fois esthétiques et fonctionnels, mais qui sont aussi source d'énergie.
Simples ou sophistiquées, sages ou plus folles, sérieuses ou légères, pratiques ou poétiques, les créations présentées à l'ECAL appartiennent à trois catégories d'objet. Certains sont faisables et utilisables dès aujourd'hui. D'autres, réalisables en laboratoire, pourraient être disponibles dans deux ou trois ans. D'autres encore sont beaucoup plus prospectifs. Mais tous, comme le dit Nicolas Henchoz, «changent le discours sur l'énergie solaire» et nous poussent à porter un autre regard sur ces technologies.
Sunny memories. Renens, EGAL Du 8 au 30 mai, Lu-Sa. 14à 18h. www.epfl-ecal-lab.ch
KUSTO
Le jour, déployée en éventail, elle s'applique à une vitre pour capter l'énergie du soleil. Le soir, ses facettes s'enroulent pour se transformer en abat-jour; la lampe devient lumière (Damien Ummel et Thierry Didot, EGAL, Lausanne).
ELECTRIFLORE
Ce support mural, est destiné à l'électroculture, qui consiste à stimuler la croissance des plantes par du courant électrique. Juste retour des choses: la photosynthèse a inspiré la création des cellules solaires; ces dernières paient leur dû au monde végétal (Alexandre Kournwky, Ecole Nationale supérieure de création industrielle, Paris).
BUBS
Simple, bon-marché, ultra-résistant ce sac recouvert de cellules solaires s'accroche partout et fait office de chargeur. Cet objet vise un public pour le moins étonnant: les sans domicile fixe qui peuvent ainsi écouter la radio (Alban Sommer et Marc-Olivier Métrailler, ECAL, Lausanne).
HANG
Remplaçant le traditionnel panneau «do not disturb» accroché aux portes des chambres d'hôtel, ce dispositif recouvert de cellules solaires se transforme, la nuit en lampe de poche. (Georges Moanack, Royal College of Art, Londres).
YOU'VE GOT MAIL
Lorsque l'on y dépose une missive, cette boîte aux lettres avertit son propriétaire pare-mail ou sms. Elle recrée le lien entre courrier physique et courrier électronique (Clare Hsu, California College of the Arts, San Francisco).
ACEDIA
Doux au toucher et moelleux, ce coussin tressé de bandes de cellules solaires et de feutre accumule de l'électricité et peut servir de chargeur pour divers appareils électroniques (EGAL, Lausanne).
HORN
Evoquant le pavillon des gramophones, cette enceinte autonome -encore à l'état de maquette-est conçue pour diffuser des sources musicales informatiques. (Guillian Graves, Ecole nationale supérieure de création industrielle, Paris).
«CES OBJETS CHANGENT LE DISCOURS SUR L'ÉNERGIE SOLAIRE.»
Nicolas Henchoz, directeur de l'EPFL+ECAL Lab.
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