«Qui paie ses dettes s’enrichit.» Vieux dicton populaire allégrement ridiculisé par de nombreuses années d’argent facile. Inflation maîtrisée, faibles taux d’intérêt, voire déduction fiscale des intérêts passifs dans certains pays, avaient inversé la donne en «qui crée des dettes s’enrichit». Seuls les imbéciles osaient encore demander si une grosse dette à taux variable, étalée sur des décennies pour être supportable, était une bonne affaire pour la banque prêteuse ou pour l’emprunteur. Les gens savants rétorquaient avec un brin de condescendance qu’avec un coût de l’emprunt inférieur à la valeur escomptée de l’investissement, entreprises et ménages s’enrichissaient grâce à l’effet de levier. Une partie de cette richesse espérée - valeurs à venir de l’immobilier, des actions, des plans de retraite, des investissement en LBO - s’est envolée dans la crise financière. Si elle n’est pas récupérée, la notion de richesse pourrait être révisée. Est-elle un stock d’argent déjà constitué générant, au mieux, des revenus ou évitant, au pire, des dépenses? Ou un flux d’argent en devenir? La masse des citoyens dépendant de leurs seuls salaire et future rente de retraite risquent de découvrir douloureusement que les vrais riches ne confondent pas le stock de leurs avoirs et le flux de l’éventuelle rente qu’ils pourraient générer.
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