CINÉMA
BON POUR LA TÊTE

ACTUALITÉ

ÉCONOMIE & FINANCE

SOCIÉTÉ

POLITIQUE

ÉCOLOGIE

RÉACTIONS

CULTURE

DOSSIERS

PERSONNALITÉS

ENTREPRISES

MIX & REMIX

GUIDES

FORMATION

INTERVIEWS

BLOGS

TV

IPAD

HOME > CULTURE > CINÉMA >  Réduire la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer l'article

CINEMA
DiCaprio, un oscar sinon rien

Par Stéphane Gobbo - Mis en ligne le 11.01.2012 à 13:53

L’Américain n’a jamais été sacré meilleur acteur, malgré une solide filmographie. Une lacune qu’il espère bien combler grâce à son interprétation de J. Edgar Hoover.

On aime dire de lui qu’il est l’un des acteurs les plus doués de sa génération. Au-delà du cliché, il est vrai que Leonardo DiCaprio est, parmi les jeunes acteurs apparus dans les années 90, celui qui peut se targuer de posséder la filmographie la plus solide, en termes tant de rôles marquants (un Roméo version rock, le magnat Howard Hughes et, bien évidemment, le romantique Jack Dawson de Titanic) que de collaborations prestigieuses (Woody Allen, Steven Spielberg, Martin Scorsese). Une filmographie qui s’enrichit aujourd’hui d’une nouvelle ligne prestigieuse: pour Clint Eastwood, celui que tout le monde appelle Leo est John Edgar Hoover (1895-1972), l’historique, omnipotent et controversé directeur du FBI, à la tête du bureau d’investigation pendant près de quarante ans.

Deux maigres nominations. Acteur adulé par des millions de fans et respecté par la critique, DiCaprio n’a,en revanche, jamais été sacré par ses pairs. Malgré deux nominations – pour Aviator (Martin Scorsese, 2004) et Blood Diamond (Edward Zwick, 2006) – il n’a jamais reçu l’oscar du meilleur acteur. Plus étrange, il n’a même pas été nommé pour ses prestations dans Titanic (James Cameron, 1997) – alors que le deuxième plus grand succès de l’histoire du cinéma recevait, dans le même temps, onze statuettes sur quatorze possibilités –, Catch Me If You Can (Steven Spielberg, 2002), Gangs of New York (Martin Scorsese, 2002), Les noces rebelles (Sam Mendes, 2008), Shutter Island (Martin Scorsese, 2010) ou encore Inception (Christopher Nolan, 2010), bien qu’il ait objectivement été bon dans ces films. Sera-t-il nommé une troisième fois pour sa performance dans J. Edgar? A en croire les rumeurs hollywoodiennes, cela paraît probable. On dit même qu’il pourrait, cette fois enfin, l’emporter. Lui-même, dans une interview accordée à l’agence The Interview People, ne cache pas que tous les acteurs rêvent de cette récompense suprême. Mais, s’il était sacré en février prochain, ce serait paradoxalement pour une performance qui n’est de loin pas la plus convaincante de sa carrière.

Actors Studio. DiCaprio est réputé pour être un acteur extrêmement exigeant, tant avec lui-même qu’avec les autres, qui plus est doté d’un ego pas toujours facile à gérer pour un metteur en scène. L’Américain sait ce qu’il veut et il le dit, voire l’exige. Lorsqu’il accepte un rôle ou demande à l’avoir, comme dans le cas de J. Edgar, il s’immerge totalement dans son personnage. Jamais aussi à l’aise que s’il interprète des personnages ambigus à la limite de la schizophrénie, il donne beaucoup de sa personne quand il joue. Un peu trop dans le film d’Eastwood.

Une bonne partie de J. Edgar, DiCaprio la passe dans la peau d’un Hoover vieillissant se souvenant de sa jeunesse. Affublé d’une prothèse faciale visible, il appuie son jeu au point que l’on croirait assister à une imitation de Marlon Brando. A trop vouloir montrer les contradictions et les failles du directeur du FBI, il en rajoute et force le trait – ce qui n’est pas le cas lorsqu’il joue sans maquillage le Hoover des années 1940-1960. Les Américains aimant les performances dans la grande tradition des techniques prônées par Lee Strasberg au sein de l’Actors Studio seront assurément épatés de voir ce sexe-symbole se mettre en danger. Mais, franchement, on n’y croit pas.

Que Leo se console néanmoins s’il n’obtient pas l’oscar tant convoité cette année. Il n’a que 37 ans et aura donc encore d’autres opportunités de monter sur la scène du Kodak Theatre de Los Angeles. Car, tandis que certaines légendes hollywoodiennes n’ont jamais été récompensées, d’autres l’ont été sur le tard: Humphrey Bogart et Al Pacino à 52 ans, John Wayne à 62 et Henry Fonda à 76. Le comble serait cependant, pour lui, de se faire souffler la politesse par Jean Dujardin – qui, avec The Artist, a toutes ses chances –, ce Frenchy qui s’est fait connaître via un télé-crochet jadis diffusé par M6.


ACADEMY AWARD

Ils n'ont jamais été "meilleur acteur"

CARY GRANT

Nommé pour La chanson du passé (1941) et Rien qu’un cœur solitaire (1944)

Qui se souvient aujourd’hui des deux longs métrages pour lesquels l’Anglais a été nommé? D’autant plus que, avec le recul, il semble ahurissant que les quatre films qu’il a tournés sous la direction de Hitchcock (dont le mythique La mort aux trousses de 1959), de même que Charade (1963), aient été ignorés.

JAMES DEAN

Nommé pour A l’est d’Eden (1955) et Géant (1956)

Si le rebelle de Hollywood n’a jamais remporté d’oscar, c’est peut-être parce qu’il a reçu ses deux nominations – sur trois films – à titre posthume. Mais, même si on peut regretter que son nom ne figure pas au panthéon, il est surtout frustrant de ne pas savoir quel acteur il serait devenu en vieillissant.

KIRK DOUGLAS

Nommé pour Le champion (1949), Les ensorcelés (1952) et La vie passionnée de Vincent Van Gogh (1956)

Dernière légende de l’âge d’or de Hollywood encore en vie, le nonagénaire a dû se contenter de recevoir, en 1995, un oscar d’honneur. Frustrant pour cet acteur brillant dans les deux films de Vincente Minnelli qui lui ont valu, dans les années 1950, des nominations.

JOHNNY DEPP

Nommé pour Pirates des Caraïbes (2003), Neverland (2004) et Sweeney Todd (2007

Comme DiCaprio, il a débuté à la télé avant de se forger une épatante filmographie, riche de sept films avec Tim Burton pour une seule nomination. Et, s’il a été cité pour le dispensable Pirates des Caraïbes, il ne l’a pas été pour ses rôles marquants chez Polanski ou Jarmusch. Etrange.


CRITIQUE

"J.Edgar", un homme d'une autre époque

Y a-t-il eu conflit d’ego entre Clint Eastwood et Leonardo DiCaprio? C’est ce que l’on commence par se demander en voyant l’acteur cabotiner dans la peau d’un John Edgar Hoover vieillissant. D’habitude plutôt bon directeur d’acteurs, le cinéaste ne semble pas avoir réussi à canaliser la fougue d’un comédien tendant dès lors un peu trop vers la performance à oscar. On a connu Leo bien plus inspiré, notamment dans les quatre longs métrages qu’il a tournés sous la direction de Martin Scorsese. Film extrêmement bavard et lent ne se permettant que quelques rares accélérations, J. Edgar brosse, en revanche, un portrait convaincant d’un homme d’une autre époque, au volontarisme et à l’autoritarisme jusqu’au-boutistes, faisant du FBI une puissante entité enquêtant autant sur des idées – le directeur du «bureau» était un farouche anticommuniste – que des crimes. Reste qu’Eastwood s’avère peu à l’aise lorsqu’il s’agit de filmer la relation platonique que Hoover entretint avec son second, Clyde Tolson, de même qu’il use d’une photographie sombre et monochrome, alors que plus de contrastes auraient mieux collé à la personnalité ambiguë de son personnage. D’où une légère déception inhabituelle devant un de ses films.

De Clint Eastwood. Avec Leonardo DiCaprio, Naomi Watts, Armie Hammer et Judi Dench. Etats-Unis, 2 h 15.




Tags: Leonardo Di Caprio, Edgar Hoover, Clint Eastwood,

Partager: Partager sur Facebook Partager sur Delicious Ajouter aux favoris Google Ajouter aux favoris Yahoo! Partager sur Twitter Partager sur Yahoo Buzz Partager sur Myspace   Aller en haut de page Haut de page




Inscrivez-vous à notre newsletter afin de recevoir en primeur le sommaire de la semaine ainsi que nos offres spéciales.


Cinéma
 "Minuit à Paris"
A l’époque où Woody Allen tournait ses premiers films. New York était une ville sale et dangereuse. Le cinéma du...
Cinéma
 "L'Arbre de Vie"
«Où étais-tu quand je posais les fondements de la terre?» En exergue de son psaume, Terrence Malick accroche une question...
Cinéma
 Visons du Réel: final tsigane
Visons du Réel: final tsigane
Au terme d’une cérémonie de remise des prixun tantinet longuette (1 h 45 quand même), il est apparu qu’une multitude...
Cinéma
 Visions du Réel: "Nous Princesses de Clèves"
Visions du Réel:
La Princesse De Clèves (1678) de Madame de La Fayette a l’honneur d’énerver Nicolas Sarkozy. Pour le premier président illettré...
Cinéma
 Visions du Réel: «Joann Sfar (dessins)»
Visions du Réel: «Joann Sfar (dessins)»
Fabuleux comédien, Mathieu Amalric a signé avec Tournée un film particulièrement génial dans le sens où il entremêlait d’inextricable manière...


Cinéma
 Cinema: Mister Frédéric et Monsieur Beigbeder
 Frédéric Beigbeder et Gaspard Proust. Le second interprète le premier dans
Il faut s’y faire: Frédéric Beigbeder était un touche-à-tout génial et sympathique précoce, il est désormais un touche-à-tout génial et...