C’est l’histoire d’un jeune Toscan qui, en 1965, s’éprend d’une belle vacancière biennoise. Diplômé en micromécanique, le jeune Remo suit sa dulcinée en Suisse, l’épouse et rejoint l’entreprise de sa belle-famille, fondée en 1911, spécialisée dans l’assemblage de montres. Passionné par ce secteur, Remo s’y plonge avec entrain, puis se lance à son compte (1973), développe le Private Label (une entreprise X prend en charge la fabrication de montres pour la marque Y) et finalement, en 1987 à Neuchâtel, crée sa propre marque. C’est l’histoire des aléas de la vie. En 1999, Remo est victime d’un grave accident de la route. Privée de son patron, l’entreprise est à la peine et, en 2002, la famille la cède à un fonds d’investissement suisse, luimême la revendant en 2005 au tycoon chinois Dickson Poon. C’est l’histoire d’une marque qui, depuis, tente de renouer avec ce qui fit son succès, ce fameux ADN dont le marketing horloger est tant friand et qui, après s’être égarée, a enfin réussi à épurer son trop vaste catalogue, à se recentrer autour, elle l’affirme, de 4 C: créativité, courbes, confort et construction, mariant inspiration méditerranéenne et savoir-faire helvétique. C’est l’histoire d’une marque née en terres neuchâteloises qui, en 2007, quitte le canton pour concentrer toutes ses activités à Genève, dans – anecdote – d’anciens locaux de Rolex, l’histoire d’une jeune équipe majoritairement constituée de Français, qui s’est même choisi sa miss annuelle comme ambassadrice, tout en venant d’ouvrir sa première boutique en nom... à Hong Kong. Une marque, Bertolucci, qui, établie en Suisse, financée par un Chinois, gérée par des Français, baptise ses collections de noms fleurant bon la Riviera italienne et produit des montres estampillées Swiss made: une certaine idée de la mondialisation... |









