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Dohuk, symbole d'un Irak sans guerre

Par Lionel Fournier - Mis en ligne le 19.07.2010 à 17:38

Mosoul est à une cinquantaine de kilomètre de Dohuk, et la violence y est un lot quotidien. Pourtant Dohuk semble paisible. La ville ne semble pas différente de la plupart des villes du Proche-Orient. Pour peu, je pourrais ignorer que je suis dans un pays en guerre.

La raison de cette exception vient de la stabilité de la région kurde. Alors que le Kurdistan irakien a subi lourdement le régime de Sadam Hussein, l’invasion américaine a été vécue comme une délivrance. C’est probablement l’une des rares régions du monde où Georges W Bush est considéré comme un héros. La région a obtenu un statut d’autonomie et possède son propre parlement. D’ailleurs, le visa est délivré par les autorités kurdes, ce qui m’a permis d’entrer en Irak, mais ne s’applique pas à l’ensemble du pays, pour lequel l’obtention du visa est presque impossible sans d’excellentes raisons.

Le Kurdistan s’est donc développé comme un Etat dans l’Etat et assure sa propre sécurité grâce aux Peshmerga, « ceux qui affrontent la mort », l’armée kurde.

Dohuk est en quelque sorte le symbole de cet « autre Irak » qui se définit comme une région sûre et ouverte au tourisme. Pourtant, le tourisme peine encore à affluer dans la région, pour l’instant, je n’ai encore croisé aucun touriste, même pas un GI en permission. Ce qui n’empêche pas les hôtels d’être pleins. J’ai dû m’y reprendre à cinq fois avant de trouver une chambre. Et le prix est bien plus élevé que dans les pays voisins; pour une chambre dans un hôtel de seconde catégorie, la facture est rarement en dessous de 30 francs la nuit, alors que dans les pays environnants, elle dépasse rarement les 10 francs. Le tourisme n’est pas donné ici. Tout d’abord, par une certaine volonté du gouvernement kurde qui mise principalement sur les hôtels de 4 et 5 étoiles, et ensuite par le manque de moyen de transport. Pour se déplacer, il faut presque toujours faire usage d’un taxi. Les bus sont peu sûrs, et la plupart des trajets vous obligeront à transiter par Mosoul ou Kirkouk, ce qui est vivement déconseillé. De plus, le touriste est confronté à l’absence totale de distributeurs de billets, n’ayant ainsi pas la possibilité de se réapprovisionner en billets ce qui, je l’avoue, est un problème pour moi.

Dohuk est cependant belle, nichée entre deux montagne, la ville jouit d’un cadre fantastique. Ville universitaire, elle s’anime dès la fin de l’après-midi, lorsque la température se fait plus clémente, alors que les rues semblent mortes durant la journée. Si Dohuk a tout pour attirer les touristes, on sent que la vie n’a pas encore repris son cours normal ici. Les coupures d’électricité sont plus que courantes. Il n’y a pas de réseau publique, chacun marche avec son générateur et, dans mon hôtel, il n’est visiblement pas tout jeune. Dans le même sens, il est difficile de trouver une banque, il faut s’arranger avec les échangeurs, qui ont un bureau par-ci, par-là, et qui vous changeront vos quelques billets, en euro ou en dollars, contre des liasses imposantes de Dinar.

 



Au final, si l’occasion vous est donnée de faire la découverte de Dohuk, n’hésitez pas. Il réside ici comme un sentiment de visiter un Etat en train de naître.




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