Ne partons pas fachés
C’est donc cela, la solution? A 29 ans, se recouvrir d’un voile noir pour marcher dans la rue, comme le montrent les photos volées prises par Paris Match cette semaine?
C’est donc cela la réponse à la douleur, à l’abandon, aux coups, aux insultes? Diam’s, tu disais que tu ne savais pas d’où tu étais, que ton salaud de père était parti en te laissant seule. Diam’s, tu as grandi «petite banlieusarde», tu as chanté Ma France à moi en te moquant du FN, tu disais: «Marine, ne sois pas de ces fous qui défendent le Diable.» Elle est là ta réponse? Enfiler une burqa par-dessus ton survêtement, ne laisser passer que la frange de ton regard qui même alors regarde tes pieds?
Diam’s, si c’est le choix que l’on doit faire lorsqu’on est toi, Mélanie Georgiades, 29 ans, en France en 2009, alors pardon. Je n’ai pas vu que c’était grave. Que Ni putes ni soumises, toutes ces gesticulations associatives, politiques, générationnelles, c’était même du flan. Que tout cela ne sert à rien. Que le reste était plus fort. Dénoncer avec ta belle colère noire le machisme et le sexisme des banlieues, c’était même cadeau pour les machos et les sexistes: tu en faisais des héros. Tu en pleurais de rage sur scène: «Des filles, en manque de rêves, couchent pour qu’on les aime / Des mecs en manque de respect, poussent pour qu’on les craigne / On critique les femmes en jupe / Mais t’as pas besoin de venir de la sup’ / Pour te faire traiter de pute». Tu étais devenue une héroïne, la preuve qu’un diamant pouvait naître là-bas et résister. Même, que l’on pouvait continuer à crier sa révolte existentielle et sociale tout en s’étant convertie à l’islam, comme toi autour de l’an 2000, aventurière laborieuse de la quête existentielle. Que ta vie c’était le rap, et sauver les gamines qui te ressemblaient de leur destin entre quatre tours HLM.
Mais le voile! Tu chantais: «Ma France à moi se mélange, c’est un arc-en-ciel / Elle te dérange, je le sais, car elle ne te veut pas pour modèle». Quelle héroïne deviens-tu sous ta burqa? Quel modèle? Tu nous dis que l’apparence ne compte pas – si c’est le cas, quelle importance alors que tu la montres, ton apparence? Ton visage? Tes cheveux? C’est si difficile d’être une femme, dans ta vie?
Ton voile est un miroir trouble que tu tends à tes fans. Te vois-tu en poster dans la chambre des gamines de 13 ans? C’est ça, être une femme aujourd’hui? Tu as perdu cette bataille, Diam’s. Relève-toi, la guerre n’est pas finie.
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