Donna Venezia
Double actualité pour Donna Leon, reine du crime en Vénétie.
Donna Leon est la plus Italienne des Américaines. Née dans le New Jersey, professeure de littérature, elle se pose à Venise dans les années 80 et, en 1992, crée le commissaire Guido Brunetti dans un roman, Mort à la Fenice, qui fait sensation dans le monde du crime. Depuis, d’une enquête à l’autre, il parcourt ruelles et canaux de la Sérénissime avec opiniâtreté, élégance, une certaine mélancolie cynique et une humanité qui le pousse à l’efficacité.
Pour le seizième volet de ses aventures, Donna Leon pousse le commissaire Brunetti dans un réseau de trafic d’enfants sordide et sophistiqué qui le laisse interloqué et meurtri. Vivant, prenant, ce Cantique des innocents est un très bon cru de l’entreprise Leon. Qui a par ailleurs autorisé pour la première fois une amie à elle, Toni Sepeda, autre Américaine exilée à Venise, à créer et à proposer aux touristes des promenades au cœur de Venise sur les traces de Brunetti. Elles sont désormais rassemblées dans un guide littéraire à lire autant dans son salon en Suisse qu’une fois sur place, pour percer les secrets à la fois des dédales de Venise et des romans de l’écrivaine. L’un dans l’autre, ces deux livres permettent surtout de prendre la mesure de l’exploit de Donna Leon, qui refuse toujours que ses livres soient traduits en italien, de peur de ne plus pouvoir vivre normalement à Venise: après s’être glissée avec habileté et modernité dans la tradition des écrivains étrangers de Venise, de Thomas Mann à Henry James, elle s’en fait désormais une ambassadrice crédible au long cours.
Le cantique des innocents. De Donna Leon. Calmann-Lévy, 286 p.
Venise, sur les traces de Brunetti. De Toni Sepeda. Calmann-Lévy, 330 p.
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