Chantre de la lutte contre l’îlot de cherté helvétique, Doris Leuthard veut conclure avec l’Union européenne (UE) un accord de libre-échange agricole avec l’Union européenne (UE). Mais la fronde paysanne se fait de plus en plus dure. Après avoir dû essuyer un jet de bottes à Saignelégier (JU), la ministre de l’Economie encourt désormais aussi les foudres du président de son propre parti Christophe Darbellay.
Celui-ci lance son ultimatum dans le Tages-Anzeiger. «Si l’OMC échoue à libéraliser le marché d’ici au 1er septembre 2010, un accord agricole avec l’UE ne serait qu’un autogoal.» Le patron du PDC sent que sa base agricole, surtout en Suisse centrale, n’est pas contente de sa conseillère fédérale. «Doris Leuthard n’est qu’un bouc émissaire dans le contexte de la crise du lait», analyse Le Temps. Mais la ministre semble prête à un bras de fer avec son parti, à en croire son interview dans la NZZ am Sonntag. Appelant à tirer les leçons du secret bancaire qui a volé en éclats sous la pression de l’extérieur, elle avertit: «Tout le monde sait que l’OMC veut conclure un accord en 2010. Je ne vois donc pas de raison de faire marche arrière.»
Doris Leuthard se montre courageuse. Reste à savoir si sa poigne de fer actuelle ne se transformera pas en main plus câline à l’approche des élections fédérales de l’automne 2011 face à la menace de l’UDC.
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