La démocrate-chrétienne voit deux pistes. Premièrement, l’Union européenne doit rester une priorité. «Face à la crise de l’euro, les isolationnistes affirment que nous devons nous recentrer sur d’autres régions, mais c’est faux, s’est emportée la conseillère fédérale. Actuellement, 60% de nos échanges ont lieu avec l’UE. Nous n’atteindrons jamais ce chiffre avec l’Asie.» L’Argovienne se désole de voir les tensions «contreproductives» apparues entre la Suisse et ses voisins. Et d’appeler à un regroupement des forces pour «faire barrage à une lente dérive de notre continent européen».
Toujours opposée à une adhésion à l’UE mais consciente des «problèmes posés par la voie bilatérale», notamment en terme de reprise automatique de l’acquis communautaire, Doris Leuthard juge qu’il existe des «solutions intermédiaires», sans pour autant les détailler. Celles-ci figureront dans un rapport sur l’UE que le Conseil fédéral présentera en août en réponse à un postulat de la conseillère nationale Christa Markwalder.
La participation helvétique aux institutions internationales – notamment financières – représente l’autre priorité. «La crise donne l’occasion à la Suisse de se réinventer, se réjouit-elle. Utilisons notre expérience de pays neutre et de facilitateur de dialogue pour jouer un rôle de proposition proactif au sein de ces instances.»
Au vu des pressions exercées par le G20 contre le secret bancaire, la Confédération ne donne pourtant pas l’impression de tenir le couteau par le manche. «Nous sommes intégrés aux travaux préparatoires du G20, rétorque la ministre. Le secrétaire d’Etat à l’économie Jean-Daniel Gerber revient à l’instant de Séoul, où il est allé faire pression sur la prochaine présidence.»
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