LES FAITS
Les ministres des Affaires étrangères arménien et turc ont signé, le 10 octobre à Zurich, des protocoles de normalisation entre leurs pays, après deux ans de pourparlers sous médiation de la Suisse et en présence des ministres des Affaires étrangères français et américains. Les textes doivent être ratifiés ces jours par les Parlements turc et arménien.
LES COMMENTAIRES
«Cette signature met fin à une haine de presque cent ans», se réjouit le média russe online Vzgliad, dont l’optimisme est rejoint par certains éditorialistes français. Mais si, pour La Croix, il s’agit bien d’une «bonne nouvelle», car «elle pourrait enfin apaiser les terribles blessures nées du génocide de la population arménienne de l’Empire ottoman entre 1915 et 1917», il faut «se garder d’un trop grand optimisme». Scepticisme partagé par David Petrosyan d’ArmeniaLive, qui titre «Je suis pessimiste». La longue liste d’écueils qu’il accumule est convaincante, notamment sur le fait que «le camp arménien n’a reçu que de très vagues promesses sur le Haut-Karabagh» (un territoire que les deux pays se disputent en Azerbaïdjan). Doutes partagés en Turquie, où l’éditorialiste de Hürriyet, quotidien républicain et nationaliste confirme: «Le processus de normalisation sera confronté à de sérieux problèmes.» Le quotidien Zaman, proche de l’AKP au pouvoir, n’accable pas l’Arménie placée sur un pied d’égalité. «Cette rencontre l’a montré, la Turquie et l’Arménie sont deux nations traumatisées. Leur réconciliation sera bien plus difficile qu’une simple cérémonie de signature.»
À SUIVRE
Les tensions ont repris au lendemain de la signature, lorsque le premier ministre turc a posé une nouvelle condition à l’ouverture de la frontière turco-arménienne: qu’Erevan retire d’abord ses troupes du Haut-Karabagh.
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