Cinéma
Du beur dans les Césars
Cette année, le fastidieux raout des professionnels de la profession a plébiscité «Un Prophète» et célébré les joies de la diversité ethnique.
Au terme d’une cérémonie d’autocongratulation particulièrement longue, il aura fallu une brouette à Jacques Audiard pour ramener les neuf statuettes obtenues par Un Prophète – meilleur film, meilleur réalisateur, meilleur second rôle (Niels Arestrup), meilleur espoir masculin ET meilleur acteur (Tahar Brahim), meilleur décor, meilleur montage, meilleur photo, ouf...
L’originalité de cette soirée réside plutôt dans le métissage. «Vous avez déjà vu un Beur fondre?» a demandé Tahar Brahim, double récipiendaire. On a aussi vu Isabelle Adjani, d’ascendance kabyle, se pâmer et pleurnicher (meilleure actrice dans La journée de la jupe), Riad Sattouf d’origine syrienne être content (meilleur premier film pour Les beaux gosses), Gad Elmaleh du Maroc faire le guignol et Firmine Richard, de Pointe-à-Pitre, pour mettre une touche de noir dans cette Soirée des Césars, décidée à conclure dans la diversité le fétide débat sur l’identité nationale. Mais méfiance! Ces gens-là sont des comédiens et le cinéma français n’est qu’un pâle reflet de la réalité...
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