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L’historien Alain-Jacques Tornare raconte le parcours de Guisan, Davel et autres illustres inconnus à la carrière hors du commun, des Indes au Canada.
En 1883, lors de l’inauguration d’un monument sur le site de la bataille de Bushy Run en Pennsylvanie, un orateur officiel s’exclame: «Ce ne fut ni par le sang anglais ni par la vaillance de cette nation, mais par le sang suisse (…) que fut livrée et gagnée la lutte décisive des Blancs contre les Rouges.» C’est en effet un Vaudois, Henry Bouquet, né à Rolle en 1719 (dans la maison de l’actuel antiquaire Moinat), qui gagna en 1763 pour les Anglais cette bataille contre les Amérindiens, décisive à l’époque, puisqu’elle ouvrait la voie de l’Ouest, étape cruciale de la conquête du pays. Entré dans l’armée britannique en 1756, il regagne Philadelphie en héros en 1764, avant de mourir en Floride de la fièvre jaune.
Tacticien rusé et froid, militaire aventureux, Henry Bouquet est l’un des vingt-trois Illustres soldats vaudois dans le monde dont l’historien Alain-Jacques Tornare fait le portrait dans Du major Davel au général Guisan, un livre passionnant qui fait écho à l’exposition permanente de la nouvelle salle d’armes du Musée militaire vaudois du château de Morges.
Si «le canton de Vaud est, en dehors de la Prusse, le grand conservatoire de la pensée militaire», comme l’écrit Tornare, c’est que «les bourgeois de Berne se réservant les postes à responsabilités, les Vaudois doivent s’exiler. (…) Le service individuel à l’étranger sera leur refuge et leur spécialité.» On suit ainsi l’Yverdonnois Frédéric Haldimand au Canada, Jean-Nicolas Pache d’Oron en France, les Lausannois Jean-Ebenhézer Reynier en Egypte avec Napoléon ou Ferdinand Lecomte dans la guerre de Sécession, premier observateur militaire étranger reconnu par les autorités de Washington.
ISABELLE FALCONNIER
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