DÉGEL. C’est lors de la dernière rencontre annuelle du World Economic Forum, fin janvier 2010 à Davos, que Doris Leuthard et Nicolas Sarkozy ont entrepris de dégeler des relations franco-suisses alors très tendues. Alessandro Della Bella - Keystone
Affaire Woerth
Du poil à gratter à l'entente obligée
Par Philippe Le Bé, Yves Steiner - Mis en ligne le 14.07.2010 à 13:00
|
VOISINAGE. Depuis 2008, la France de Sarkozy et la Suisse ne font plus bon ménage. Economie oblige, elles doivent cependant s’entendre.
«Jacques Chirac était un homme d’Etat. Nicolas Sarkozy est un homme politique.» Serge Cyril Vinet, créateur de la publication France Magazine et conseiller à l’Assemblée des Français de l’étranger (AFE) pour la Suisse, est bien membre de l’UMP, le parti du président. Mais son cœur bat plutôt pour Dominique de Villepin, ex-premier ministre de Jacques Chirac et adversaire acharné de Nicolas Sarkozy depuis le procès Clearstream, une affaire de dénonciation calomnieuse visant des personnalités dont le chef de l’Etat. A ses yeux, il ne fait aucun doute que depuis deux ans, les relations franco-suisses se sont détériorées. «A écouter certains, la Suisse serait responsable de la crise monétaire, financière et sociale dans le monde.» Et l’ancien gérant de fortune, que le quotidien Le Monde soupçonnait il y a cinq ans de gérer l’argent de Christian Poncelet, président du Sénat, d’enchaîner: «Avant Sarkozy, il n’y avait pas de telles attaques contre le secret bancaire suisse. Chirac était plus consensuel.»
Au sein de l’UMP en Suisse, les avis divergent. Comme un reflet des dissensions qui agitent la majorité présidentielle en France. Chiraquiens, dont certains portent désormais le drapeau de Dominique de Villepin, et sarkozystes se regardent en chiens de faïence. Parmi les fidèles partisans de Nicolas Sarkozy figure le Niçois d’origine Pierre Oliviero, aussi membre de l’AFE, qui a notamment pour mission d’élire les 12 sénateurs représentant les Français hors de l’Hexagone. «Sarkozy, un président formidable», lâche-t-il, enthousiaste, avant d’ajouter: «Non, les gens célèbres comme Charles Aznavour qui s’installent en Suisse ne le font pas forcément pour planquer leur argent. Mais bien parce qu’ils apprécient le calme du pays et le sérieux des Suisses.» Et son autre collègue de l’UMP Marie-Françoise de Tassigny, à Genève, renchérit: «Il faut positiver, il y a tellement de choses qui vont bien dans les relations franco-suisses.» Certes. Il n’empêche que dans les milieux diplomatiques helvétiques, on chuchote que l’ambassadeur de France en Suisse Alain Catta, en fonction depuis octobre 2009, aurait notamment pour mission de recoller les morceaux d’une amitié francosuisse malmenée depuis 2008.
Tags: Affaire Woerth, Lilian Bettencourt, Nicolas Sarkozy, L'Oréal,
|
|