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Par Patrick Morier-Genoud - Mis en ligne le 31.05.2011 à 17:03 |
Au début, on a utilisé des outres en peaux de bêtes. Puis vinrent l’argile et la terre cuite des amphores, le bois des tonneaux. Ce n’est qu’au XVIII e siècle qu’il fut décrété que le moyen le plus sûr de conserver du vin plusieurs années était le verre. Mais aujourd’hui, pour nous, vin et bouteille sont aussi assurément liés que pain et fromage ou Mob et général Guisan. Pourtant, voilà plusieurs décennies que d’autres matières sont utilisées – par exemple le plastique – et on trouvait, déjà en 2005, des crus bordelais en canettes. Sans parler du fait que nombreux sont les vins suisses à passer plusieurs mois dans des cuves en inox ou en béton avant d’arriver dans des pichets qui sont parfois en étain. Que la société Neowines (www.neowines.com) lance sur le marché romand des vins en canettes n’a donc rien d’extraordinaire, même si c’est une première suisse. Des vins élaborés par l’Union vinicole de Cully: du chasselas pour le blanc, un assemblage «où le gamay est majoritaire» pour le rosé, un autre assemblage où «on peut citer le pinot noir, le gamay ou encore le gamaret» pour le rouge. Le tout en canettes de 2 dl, dont le prix recommandé est de quatre francs, ce qui n’est pas particulièrement bon marché. A la dégustation, les vins sont bons, rien à dire. A l’intérieur des canettes, une couche de protection les isole de l’aluminium. Entre le couvercle de la canette et le vin, il y a à peu près le même bouchon d’air que dans une bouteille à vis. Le public visé par cette opération est jeune, n’a pas encore de préjugés sur le contenant du vin. C’est un bon coup de marketing, sans plus. Pas de quoi s’indigner ou s’émerveiller. Il faut juste avoir en tête que plus le contenant est petit et moins le vin se garde. Et que, finalement, peu importe le flacon, pourvu qu’on ait l’ivresse... |









