Duchamp: L’enquête mène à Chexbres
Le dernier chef-d’œuvre de Marcel Duchamp, «Etant donnés», est inspiré par la cascade du Forestay à Chexbres. Un mystère de l’histoire de l’art enfin résolu qui donne lieu à un symposium à Cully.
Du 5 au 9 août 1946, Marcel Duchamp passe cinq jours à l’Hôtel Bellevue près de Chexbres – aujourd’hui l’hôtel du Baron Tavernier – en compagnie de sa compagne d’alors, l’artiste relieuse Mary Reynolds. C’est la femme de l’ambassadeur de France à Berne, une amie de Mary, qui leur a conseillé cet endroit où elle a de beaux souvenirs d’enfance. Le Bellevue est posé audessus de Lavaux, à côté du lieudit le Balcondu-Monde. Non loin, à la limite des communes de Chexbres et de Puidoux, la rivière du Forestay se transforme en cascade avant de se jeter dans le Léman au niveau de Rivaz. Chaque nuit, Duchamp entend la cascade. Chaque jour, il la prend en photo, tournant obstinément le dos au lac. Revenu à New York, où il réside la moitié de l’année, le pape du ready-made se lance dans la longue et obsessionnelle composition de l’œuvre la plus intrigante de sa carrière, considérée à son inauguration en 1969 au Musée d’art de Philadelphie comme la première installation de l’histoire de l’art et un de ses grands mystères: Etant donnés 1° la chute d’eau 2° le gaz d’éclairage, soit une porte de bois donnant, si l’on regarde par les trous, sur une femme sans tête couchée devant une cascade et un petit lac, les jambes écartées, portant un bec de gaz dans la main.
Tags: Marcel Duchamp, art, Symposium, Cully, Chexbres,
|