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Par Chantal Tauxe - Mis en ligne le 29.08.2012 à 16:12 |
Les 8 et 9 septembre prochains à Lugano, la sénatrice vaudoise Géraldine Savary et le conseiller national genevois Carlo Sommaruga se disputeront le siège de vice-président du Parti socialiste. Carlo Sommaruga jouera un peu à domicile, le Genevois cultive de solides attaches avec le Tessin: il touchera le cœur des organisateurs du congrès in italiano. Son engagement à l’Asloca comptera aussi. Sa spécialisation, la politique étrangère, pourra paraître éloignée des préoccupations concrètes des camarades, mais le vice-président de la Commission de politique extérieure du National incarne le vernis internationaliste qui plaît aux militants. Arrivée à Berne en 2003 comme Sommaruga, Géraldine Savary est passée aux Etats en 2007. Elle s’est profilée dans les dossiers de formation et des transports. Elle est devenue une des meilleures ambassadrices de l’arc lémanique, dont elle défend les intérêts avec ardeur et pragmatisme. Un argument plaidera en sa faveur: depuis le retrait de Christiane Brunner en mars 2004, il n’y a plus de femme romande à la présidence, alors que ce parti doit à ses figures féminines une grande partie de ses victoires. Sans parler de la nécessité de capitaliser sur les réflexes féministes encore à l’œuvre dans une partie de l’électorat de gauche. A quoi sert un vice-président? Le besoin de faire émerger une relève est nul: les deux postulants jouissent déjà d’une belle aura médiatique. Il ne s’agit pas non plus de récompenser une personnalité plus ou moins à gauche. Pour les roses, l’enjeu paraît plutôt de se donner les moyens d’accroître l’efficacité du parti. Et là il n’y a pas photo. La section genevoise, dont est issu Carlo Sommaruga, paraît bien essoufflée. Elle vient de rater magistralement l’opportunité de reconquérir un second siège au Conseil d’Etat. Géraldine Savary incarne tout au contraire les succès à répétition de la plus grande section romande. Lors des élections fédérales de 2011, celle-ci a conquis deux sièges supplémentaires – un exploit. Avec 7 élus sur 20, sa députation parlementaire a acquis un poids déterminant (le PS zurichois n’a que 7 élus sur 36, le bernois 7 sur 28, et le genevois 4 sur 13). Lors des cantonales de ce printemps, les socialistes vaudois ont gagné un troisième siège au Conseil d’Etat, confortant pour cinq ans une majorité de gauche au gouvernement. Le PS vaudois produit avec une régularité impressionnante des figures de proue sans casser la dynamique collective. Si les rivalités de personnes y existent bel et bien, elles sont savamment canalisées, ou du moins anéanties par les victoires dans les urnes. Ce que Géraldine Savary peut amener à la direction du PS, c’est l’énergie et le savoir-faire militants qui font défaut à tant de sections roses aussi bien à Genève qu’outre-Sarine. |









