Ecole: tous s'en mêlent
PARTICIPATION. Genève confie depuis un an la gestion des problèmes inhérents à la vie scolaire à des conseils d’établissement. Parents et élèves tâtonnent dans leur rôle.
En bout de table, Albin et Miguel se tortillent sur leur chaise. Les adultes parlent «faisabilité», «soumissions» et «normes de sécurité»; les garçons de 11 ans s’ennuient. Au moment où l’envoyé de la mairie de Vernier fait circuler les dépliants pour choisir les jeux du préau, les élèves s’animent. Puis doivent quitter la salle: les adultes abordent le problème des fumeurs de joints dans le quartier, à l’abri des oreilles enfantines.
Ce 2 mars a lieu la deuxième réunion du conseil d’établissement au Collège des Avanchets-Jura. Il y a pile une année, les 90 écoles primaires genevoises ont instauré cet organe qui réunit enseignants, parents, commune, associations et élèves, présidé par le directeur. A l’heure où l’école se transforme en lieu de vie (plutôt que de seul savoir), fréquenté par les enfants du matin au soir via les structures d’accueil, elle devient le centre des quartiers. La tâche des 90 conseils? Elaborer un «projet d’établissement» qui affirme quelques principes éthiques, et permettre aussi de résoudre les problèmes propres à chaque collège. La violence autour du préau se profile déjà comme thème clé. En outre, le conseil planche sur les activités extrascolaires, camps ou devoirs surveillés, et mène une politique des petits pas qui peut faire sourire les profanes. Aux Avanchets, sa première réalisation consiste à introduire le brossage des dents à midi.
Pour Patrick Hess, secrétaire général adjoint du Département de l’instruction publique, parvenir à faire s’asseoir autour d’une même table tous ces acteurs répond à un besoin et constitue un progrès considérable. «Cela permet de sortir de la logique du “y a qu’à”, où parents, profs et élus communaux se renvoyaient la balle et les choses n’avançaient pas.» «Nous mettons les gens en réseau et chacun fait sa part pour réaliser les décisions prises», précise le directeur des Avanchets, Paolo Cattani. Typiquement, les inquiétudes des parents pour la sécurité routière sur le chemin de l’école arrivaient rarement jusqu’aux autorités communales.
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