Edito. Couchepin parti, et après?
Sa détermination passe pour un manque d’écoute. Son courage pour de l’arrogance.
C’est si tentant de tirer sur le ministre, quand le système de santé se déglingue. Sans Pascal Couchepin, ce serait tellement mieux: les médecins auraient la paix, les patients pourraient continuer de consommer en toute impunité et les primes cesseraient d’augmenter. Comme par miracle. Pure illusion, bien sûr. Et l’on usera encore quelques conseillers fédéraux si les responsabilités ne sont pas clairement établies. Celles du Parlement d’abord, qui a torpillé la réforme de la LAMal et gesticule beaucoup sans faire grand-chose. Et celles de tous les protagonistes – patients, médecins, hôpitaux, caisses... Personne n’est tout blanc. Les éditorialistes n’en alignent pas moins les appels au départ. Et les prétendants à la succession affûtent leurs arguments. Ambiance. D’accord, Pascal Couchepin a peut-être trop promis au moment où il prit le poste. Il a souvent voulu passer à la hussarde, rugueux, pressé, impatient. Ce qui est, chez lui, de la détermination passe souvent pour un manque d’écoute, et son courage politique pour de l’arrogance. C’est injuste, car, contrairement à certains de ses collègues qui préfèrent les louvoiements, il ne mène pas les citoyens en bateau. Il a des convictions bien ancrées plutôt qu’une inclination naturelle à lisser l’opinion dans le sens du poil. Au moment de tirer un bilan, on évitera donc de se focaliser exclusivement sur la santé. On rappellera qu’il s’est conduit en homme d’Etat. L’âge de la retraite à 67 ans? Une vérité qu’il a sans doute énoncée trop tôt. Les excès de son collègue Blocher? «Un danger pour la démocratie.» Message fort, précurseur. Et cet appel, à Linz, à la relance du débat sur l’adhésion à l’Union. Couchepin l’Européen... Lui qui a vécu de l’intérieur les secousses du système financier, la déroute rapide (et pourtant annoncée) du secret bancaire, l’imprévoyance de certains grands dirigeants, plaide pour une diversification de l’économie: «Nous devons chercher des solutions de rechange, à la suite de l’affaiblissement de plusieurs de nos activités traditionnelles.» La banque et, maintenant, la pharma, soumise à des pressions qui ne diminueront pas de sitôt (lire aussi en page 24). Enfin, Pascal Couchepin s’est battu sans relâche pour le juste équilibre entre Alémaniques et Romands. La nomination de l’excellent Jean-Pierre Roth comme patron de la Banque nationale suisse (BNS), en 2000, c’était lui. Ce même Jean-Pierre Roth qui prend sa retraite à la fin de l’année (lire en page 16). Quand le conseiller fédéral annoncera-t-il la sienne? Ce n’est qu’une question de jours. Ou de semaines. Il veut reprendre sa liberté, il n’en fait plus mystère. On mesurera son poids au gouvernement quand il ne sera plus là. Son poids, et sa vraie grandeur.
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Tags: chronique, éditorial, Alain Jeannet,
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| Réaction de Roro1 le 25.05.2009 à 23:46 | | Si tous les lobbys de santé qui gouvernent la confédération... Si tous les lobbys de santé qui gouvernent la confédération essayaient une fois de défendre les intérêts de la LAMAL et non pas leur place dans leur conseil d'administration d'une caisse maladie qui les nourrit grassement, je pense que la caisse unique aurait pu être acceptée par le peuple, qui s'est fait gruger par nos politiques qui n'y voyait que l'intérêt de leur porte-monnaie. Cela aurait peut-être été un échec, mais cela aurait valu la peine que l'on essaie. A ce titre, je crois P. Couchepin coupable d'avoir voulu également sauvegarder. les intérêts des assureurs, dont les accointances avec le ministre de la santé ne sont plus à démontrer. Le seul point positif de sa politique fut de combattre Ch. Blocher, mais je n'ose pas croire qu'il l'a fait seulement par peur qu'il lui fasse de l'ombre au conseil fédéral. J'y pense très fort quand même... si son successeur pouvait bénéficier d'un peu moins d'arrogance... | |  |
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