Edito. La force de l'écrit
La gratuité de l'information? Une farce, une illusion destructrice!
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La mode est au catastrophisme. Comme s’il fallait se persuader de l’inexorabilité du pire pour se contraindre à agir. Enfin. On parle ainsi des journaux comme d’une espèce en voie de disparition. Et du journalisme comme d’une profession sinistrée. Selon les prophéties des Jobs (Apple) et autres Ballmer (Microsoft), les ordinateurs auront bouffé le papier d’ici à dix ans. Les gens de presse eux-mêmes donnent volontiers dans le pessimisme le plus noir. Panique à bord!
A l’heure où s’ouvre le Salon du livre et de la presse, qui attire chaque année à Genève quelque 100000 visiteurs, ce défaitisme a quelque chose d’incompréhensible. D’accord, les médias traditionnels voient leurs sources de financement (principalement la publicité) reculer année après année. On évoque la fermeture, à terme, d’un titre sur trois. En lançant des quotidiens gratuits, les éditeurs de journaux payants se sont tiré une première balle dans le pied. Et une deuxième en donnant leurs contenus en libre accès sur l’internet. Ils sont aujourd’hui conscients de leur erreur –mais comment revenir en arrière ( lire l’interview d’Axel Ganz, qui sera présent au Salon du livre)?
Un message simple, qu’il faudrait marteler: au début de la chaîne de production, il y a des... journalistes. Eh oui, l’information, la vraie, n’est pas le fruit d’une mystérieuse génération spontanée, mais d’un travail. Elle a donc une valeur. Et l’on ne fera jamais de vrais journaux (ou des programmes TV) sans eux. La gratuité? Justement, elle n’existe pas. C’est une mauvaise farce, une illusion destructrice. Ce qui explique pourquoi neuf «gratuits» sur dix perdent de l’argent avec le reflux publicitaire.
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FORUM DES 100
La Suisse romande en questions
Faut-il créer une grande région romande? Et fusionner la TSR avec la RSR? Quel est le poids des Romands à Berne? Trois questions, parmi de nombreuses autres, auxquelles l’étude Sophia 2009 donne des réponses. Nous publierons ce grand sondage, mené en collaboration avec M.I.S Trend, dans notre prochaine édition, à l’occasion de la 5e édition du Forum des 100. |
Bien sûr, les médias traditionnels doivent s’adapter et s’emparer des innovations technologiques. Comme l’iPhone, par exemple, qui ouvre pour tous des perspectives ébouriffantes. Mais ils conservent aussi leurs atouts propres. Comme l’a montré l’excellent Darius Rochebin, l’autre jour à la TSR, avec son interview croisée d’Ahmadinejad et du secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, la télévision reste particulièrement bien armée pour l’urgence et l’émotion. Elle fait l’événement. Pour l’analyse et l’intervention à chaud, la radio a des arguments incomparables.
L’enquête? La mise en contexte de l’actualité? Le débat politique, son creuset intellectuel? L’écrit, forcément. Les journaux et les magazines sont aussi ceux qui, le mieux, formulent une première mouture de l’histoire. Sans une presse de qualité, la démocratie fout le camp. C’est ça le plus important. Et le financement? Et les nouveaux «business modèles», comme on dit? Avec ou sans papier, on trouvera toujours des solutions.
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