Edito: La redécouverte de l’Amérique
Obama propose d’investir 150 milliards dans les technologies propres.
On ne reviendra pas sur le bilan de George W. Bush: il est affligeant; même les ténors républicains le soulignent. Par exemple, Newt Gingrich, l’ancien speaker de la Chambre des représentants qui dénonce la corruption grave de son parti ( lire son interview).
On ne s’appesantira pas sur la guerre en Irak, Abou Ghraib, Guantanamo...
qui ont révélé une Amérique manipulée par le président et sa clique néoconservatrice. On ne glosera pas non plus sur l’héritage économique bushiste: les sommes monstrueuses investies en missiles et en chars grèveront longtemps le niveau de vie des citoyens états-uniens. Surtout les moins riches.
Dans ce numéro spécial, nous avons voulu montrer une Amérique qui s’est développée en dépit d’une administration calamiteuse et de son leader. Une Amérique en perpétuel changement, redécouverte pour vous par notre correspondante Maria Pia Mascaro et notre rédacteur Roland Rossier ( lire leurs reportages). Parce que James Fields, un Noir, a été élu en Alabama, le fief du Ku Klux Klan, dans un comté à 97% blanc, il est désormais pensable qu’Obama l’emporte, le 4 novembre prochain. Et cela même si la proportion de jeunes Noirs actuellement en prison reste effarante. Soit 10%!
Parce que, alors que les Etats-Unis restent les champions du gaspillage d’énergies, c’est en Californie, dans Silicon Valley, que l’on trouve les acteurs les plus décidés de la révolution des technologies vertes – le candidat démocrate propose d’ailleurs d’investir 150 milliards de dollars dans ce domaine. Une sorte de New Deal créateur d’emplois. Et McCain? Il joue lui aussi à fond la carte écologique.
A long terme, les prédictions de l’essayiste Emmanuel Todd (Après l’empire) ou du grand historien Paul Kennedy se réaliseront sans doute: la puissance économique européenne et le dynamisme de l’Asie entraîneront immanquablement le déclin (relatif) des Etats-Unis. Mais, dans les années à venir, les Américains vont dominer les énergies propres de la même manière qu’ils ont su exploiter l’internet à leur profit.
Avec plus de trois millions de chercheurs et d’ingénieurs étrangers, les Etats-Unis n’ont pas non plus leur pareil pour exploiter les idées, les capitaux et les forces de travail venus d’ailleurs.
Aucun autre pays industrialisé n’a cette capacité à intégrer les immigrants. Aux deux extrémités de l’échelle des qualifications. Du ramasseur d’ordures à l’expert en nanotechnologies. Du cuisinier au violoniste virtuose. Oui, cette Amérique de l’ouverture n’a pas fini de nous surprendre.
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