Edito. Loto fédéral
Pour redevenir elle-même, la Suisse doit se renouveler en profondeur.
Quelle candeur face au manipulateur Kadhafi, quel manque pathétique de leadership... On accable ces jours le président Merz des critiques les plus féroces. Non sans raison. Mais pourquoi ne revient-on pas sur les circonstances de son élection en 2003, lui, le numéro tiré du chapeau radical à la dernière minute? Parce que sa candidature, ses forces et ses faiblesses, n’avaient alors pas été vraiment discutées. Comme plusieurs autres conseillers fédéraux, il a atterri à son poste presque par hasard. La succession Couchepin se joue elle aussi, au sein du sérail bernois, à l’abri des regards, de manière aléatoire. Les meilleurs candidats n’ont pas vraiment été pris en compte. Ainsi, le jeune radical genevois Pierre Maudet, très tôt sorti de la course. Ou le conseiller aux Etats tessinois Dick Marty, une personnalité d’envergure, éhontément ignorée par les stratèges de son parti (lire aussi la chronique de Jacques Pilet en page 68). Ce loto fédéral donne peut-être des frissons aux analystes politiques, il peut s’avérer divertissant. Il nous incite surtout à remettre à plat les règles du jeu. De toute urgence. La mécanique de la concordance, mais plus important encore, sa finalité. L’organisation du gouvernement. Le rôle du président. La veille du 16 septembre, ces questions seront débattues dans une émission spéciale de la TSR, avec la participation de L’Hebdo (lire en page 20). Une élection, une crise à répétition... L’occasion rêvée de parler des thèmes escamotés par le cha-cha-cha tacticien des candidats. Voilà pourquoi nous évoquons aussi les sept impératifs auxquels la Confédération ne peut pas se soustraire. La leçon des événements récents, c’est qu’il vaut mieux anticiper les coups et les changements plutôt que de les subir (lire le dossier coordonné par Chantal Tauxe en page 14). Pourtant, les humiliations essuyées pendant la crise libyenne et le scandale UBS ne doivent pas masquer l’essentiel: la Suisse est loin d’être en ruine. Sur le plan économique, mais aussi politique: depuis 1848, le modèle helvétique a affronté beaucoup de tempêtes avec succès. Cette construction géniale reste d’une extrême modernité. A une condition: pour redevenir elle-même, la Suisse doit se renouveler en profondeur. Pour sûr que, ainsi, elle survivra de longs siècles aux gesticulations du tyran Kadhafi.
Spécial dessins, élection, Audience en hausse...
Pour la deuxième fois, L’Hebdo s’associe au Festival BD-FIL en publiant cette édition tout en dessins, témoignage de la vitalité du 9e art en Suisse romande. Quelque 28 dessinateurs ont collaboré à cette entreprise; des stars comme Zep, Cosey, Peeters ou Mix&Remix mais aussi la relève et quelques jeunes talents (lire en page 65). En raison de l’élection au Conseil fédéral, le 16 septembre, notre prochaine édition sera distribuée à nos abonnés avec un jour de retard. Toutes nos excuses. Selon l’organe officiel REMP, L’Hebdo enregistre une augmentation de son audience, qui passe à 210 000 lecteurs (+2,4%). Quant aux ventes en kiosque, elles sont de 18% supérieures à celles des huit premiers mois de 2008. Un grand merci pour votre fidélité.
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Tags: Edito, Alain Jeannet, Suisse,
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