Edito. Tous tondus?
Difficile d’y voir clair dans la masse de données livrées par l’Office fédéral de la santé publique.
Chaque automne, c’est le même rituel: l’annonce des primes, les protestations, l’appel à la révolution du système de santé... Cette année, la pilule est particulièrement difficile à avaler. On nous avait promis des primes plus douces. Et bing, c’est reparti très fort à la hausse! On nous faisait miroiter des mesures d’économie (pression sur les tarifs des laboratoires d’analyses et les prix des médicaments). Et bang, on nous sert une augmentation de 8,7% en moyenne pour 2010. Pire, le chiffre officiel est au-dessous de la réalité: selon nos calculs, il s’agit plutôt de 11,5%. O. K., mais, une fois le chiffre fatidique lâché, l’assuré n’en sait pas beaucoup plus sur sa condition individuelle: comment sera-t-il tondu? Et que faire pour éviter le pire? Voilà pourquoi nous tentons de mettre un peu d’ordre dans la masse des données livrées par l’Office fédéral de la santé publique. En prenant, pour chaque canton romand, le cas des différentes tranches d’âge, par type d’assurance et de franchise. En signalant aussi les caisses les plus chères et les plus avantageuses (lire notre dossier en page 36). Mais pourquoi ces hausses? Elles s’expliquent par un phénomène de rattrapage, essentiellement. Dans son enquête, notre rédactrice Julie Zaugg montre comment certains cantons casquent pour d’autres. De fait, Genève, Vaud, Zurich... subventionnent Zoug, Appenzell, Glaris... où les caisses pratiquent depuis des années des primes trop basses. Pour les plus prévoyants, les réserves accumulées permettraient d’adoucir, voire de supprimer les augmentations. En théorie. Car, en pratique, c’est impossible. Les Pierre-Yves Maillard et autres Pierre-François Unger ont beau crier au scandale, à juste titre, ils n’arrivent à rien. La honte (lire en page 32). Que faut-il pour que ça change? Les Suisses, en tout cas, ne sont pas prêts à descendre dans la rue, les émeutes des primes maladie ne sont pas pour demain. Malgré la mauvaise humeur de saison, 70% des assurés déclarent être satisfaits de leur caisse. D’ailleurs, seuls 20% d’entre eux ont changé ces cinq dernières années. Et tant pis pour de possibles économies. Il faut croire que la limite de l’acceptable n’a pas été franchie. Faisons- en le pari: dans quelques jours, la colère retombera, le calme reviendra. Jusqu’à la prochaine tonte.
LE TIRAGE DE «L’HEBDO » À LA HAUSSE Entre juillet 2008 et juin 2009, le tirage de L’Hebdo est passé de 44 979 à 46 010 exemplaires vendus. Une progression réjouissante, dans un climat plutôt morose pour la presse. Ce succès, nous vous le devons, chers lecteurs. La rédaction vous remercie de votre fidélité.
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