Edouard Crestin-Billet: "Pour les actions, nous privilégions le Japon et l’eurozone"
Correction excessive. Selon le responsable de la stratégie de Mirabaud, les actions gardent un potentiel positif sur l’ensemble de 2010, notamment en Europe.
Les marchés d’actions européens vont-ils se reprendre?
Oui, je pense que les Bourses européennes vont progresser, même si c’est de façon volatile. On s’attend à une croissance des bénéfices des entreprises européennes cette année, tirée par une augmentation des chiffres d’affaires et plus seulement par des réductions de coûts. Les pays émergents sont déjà engagés dans une croissance économique solide, favorable à l’activité des grands groupes européens actifs dans le monde entier. Le marché allemand, avec de nombreuses sociétés orientées vers l’exportation, devrait notamment en bénéficier. D’autant que la baisse récente de l’euro constitue un avantage pour les entreprises européennes exportatrices.
Vous privilégiez donc les marchés européens dans le compartiment actions de vos portefeuilles?
Pour les trois à six mois à venir, nous nous attendons à une forte expansion des bénéfices des entreprises au Japon et en Europe. Nous surpondérons donc le Japon et, dans une moindre mesure, la zone euro. Dans le même temps, nous sous-pondérons le Sud-Est asiatique, les marchés émergents et le Canada où le potentiel de plus-values nous semble moins important.
De nombreuses Bourses sont désormais dans le «rouge rouge» pour 2010. Vous attendez-vous à un rebond permettant de terminer l’année dans le vert?
Sur les marchés européens, les corrections ont été excessives. Je m’attends à une progression d’environ 15% par rapport aux niveaux actuels, ce qui permettrait d’afficher une performance de quelque 5% sur l’ensemble de l’année. Les éléments essentiels pour apprécier la valeur d’une action à long terme sont les projections de bénéfice, le coût du capital et la rentabilité des investissements. En période d’aversion au risque, les investisseurs exigent aussi une prime de risques pour accepter de détenir des actions. Nous estimons que les primes de risques actuelles sur les actions, qui ont monté depuis le début de la crise dans la zone euro provoquée par l’endettement massif de la Grèce, sont trop élevées.
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