Vaud
L’UDC effacée
Pierre-Yves Rapaz défend le siège de Jean-Claude Mermoud au Conseil d’Etat, au nom du seul centre-droite.
«Les Suisses votent UDC», prétendait, arrogant, le slogan. Mais les Vaudois le feront-ils à l’occasion de l’élection complémentaire au Conseil d’Etat, le 27 novembre? La mention «UDC» a en tout cas disparu des affiches du candidat Pierre-Yves Rapaz. La même discrétion prévaut sur les placards vantant le duo Isabelle Moret - Guy Parmelin pour le second tour de l’élection au Conseil des Etats, qui se dénouera dimanche prochain. Dans les deux cas, la seule AOC partisane assumée est celle du «centre-droite».
Interpellé par L’Hebdo, Pierre-Yves Rapaz explique défendre «la majorité de centre-droite au Gouvernement vaudois» plus que la légitimité du siège UDC. Le député avance que lors des élections cantonales générales de 2007, l’acronyme UDC n’apparaissait pas non plus sur les affiches pour le Conseil d’Etat. Ce qui est faux…
Libre circulation contestée. Ce n’est pas sa seule reculade. A la question de savoir s’il soutient l’initiative populaire de son parti contre la libre circulation avec l’Union européenne, il hésite à répondre. Le texte de l’UDC a en effet déclenché de vives critiques du Parti libéral-radical et l’irritation des milieux économiques. Pierre-Yves Rapaz essaie de botter en touche en arguant du fait qu’il s’agit d’une initiative fédérale, comme si Vaud n’était pas concerné par son application.
Avant de finir par indiquer qu’il l’a «signée parce qu’il faut que l’on discute du problème.» Il pense que le retournement de la conjoncture économique créera «d’ici deux ans» un terreau fertile au débat. Celui-ci ne manquera pas de s’enflammer s’il reprend le Département de l’économie de feu Jean-Claude Mermoud…
Convaincus des bienfaits de la libre circulation des personnes, les trois conseillers d’Etat libéraux- radicaux sont-ils ravis à la perspective de faire équipe avec un UDC qui la conteste? Face à l’enjeu – garder la majorité du gouvernement à droite – et à quatre mois des élections générales, les états d’âme ne comptent pas.
«L’UDC a droit à un siège, dit Pascal Broulis, je n’ai pas de jugement à porter sur le choix démocratique du parti.» Jacqueline de Quattro évoque «le respect de la mémoire de Jean-Claude Mermoud». Philippe Leuba refuse que l’«on résume une personnalité à une initiative».
En 2008, les ministres s’étaient montrés moins magnanimes. Pierre-Yves Rapaz souhaitait à l’époque devenir préfet du district d’Aigle (un poste qu’il avait déjà convoité en vain en 2000). Une revendication d’autant plus légitime que l’UDC n’avait alors aucun préfet, malgré son poids électoral déjà important.
La majorité du Conseil d’Etat lui avait pourtant préféré le radical Robert Jaggi. Pierre-Yves Rapaz n’avait pas été jugé digne de devenir un «lieutenant du Conseil d’Etat», comme on qualifie souvent les préfets, un poste plutôt «apolitique», rappelle Philippe Leuba.
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