Produits structurés
Efforts didactiques
Vulgarisation. L’ASPS lance un test de connaissances en allemand. Les banques soignent l’information, aussi en français.
La faillite de Lehman Brothers avait annulé la valeur de tous les produits structurés émis par cette société. Y compris ceux distribués en Suisse auprès de petits clients par d’autres établissements qui n’avaient même pas imaginé le possible effondrement de cette banque américaine... Depuis, les produits structurés peinent à regagner la confiance: à fin juin, ils pesaient 4,7% dans les portefeuilles des clients de banques suisses contre 6,5% en 2008.
Scoach, la Bourse spécialisée, avait pourtant rapidement réagi en lançant les COSI: des produits structurés protégés du risque de faillite de l’émetteur à travers un nantissement. De son côté, l’Association suisse des produits structurés (ASPS) a proposé une catégorisation claire des différents structurés disponibles sur le marché helvétique – protection du capital, optimisation de la performance, participation et levier – reprise dans sa Swiss Derivative Map. En incitant les banques à utiliser ces appellations dans leurs documents d’information.
Apprentissage ludique. L’ASPS vient de franchir un nouveau pas sur la voie de la vulgarisation en plaçant sur son site (www.asps-association.ch) un test de connaissances; uniquement disponible en allemand pour l’instant. Une version plus sophistiquée, destinée aux investisseurs aguerris, est annoncée sous peu.
Et l’on peut espérer que les traductions françaises seront disponibles avant le traditionnel salon des produits structurés, fin octobre à Zurich. Dans l’attente, les francophones trouveront nombre d’informations pratiques sur les sites des banques émettrices qui, à l’instar de la BCV ou de Vontobel, ont consenti de réels efforts didactiques.
Horizon de placement. Reste que seule une conversation avec un conseiller permet de répondre à la question que chacun devrait se poser: «Combien puis-je perdre au maximum avec ce produit structuré?» La réponse est souvent en fonction de la durée pendant laquelle on peut immobiliser son argent. Un produit à capital garanti comporte l’assurance que le montant nominal placé au départ sera restitué à l’échéance.
Mais entre ces deux dates, la valeur du produit sur le marché secondaire peut tomber nettement en dessous de ce nominal. Mieux vaut donc ne pas avoir rapidement besoin de son argent, si les marchés ne se comportent pas comme on l’avait espéré. Avec les Barrier Reverse Convertibles, l’argent placé est converti à l’échéance en titres du sousjacent – souvent des actions – si la valeur d’un ou de plusieurs de ces titres a franchi à la baisse une barrière.
Etre remboursé en actions valant parfois – comme cela a été le cas en 2008 pour certains investisseurs malheureux – la moitié du capital placé n’est réellement dramatique que si l’on n’est pas en mesure d’attendre que les marchés boursiers reviennent à de meilleures dispositions. Comme pour d’autres investissements, les connaissances techniques ne dispensent pas d’une réflexion sur son horizon de placement.
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