A 47 ans, l’homme qui avec ses deux collègues de la direction générale de la Banque nationale suisse (BNS) doit tenter de garder le cap de la stabilité des prix a déjà une riche expérience du monde financier. Et un épais carnet d’adresses. Membre de la direction générale depuis 2003, il a été associé à l’élaboration du plan de sauvetage d’UBS. Celui qui fait parfois figure de surveillant un peu trop rigoureux de la stabilité du système financier connaît trop bien la partie pour être soupçonné de sous-estimer les effets de régulation. Représentant de la Suisse au Conseil de stabilité financière il affiche une réelle aisance dans les relations internationales.
On parle de vous comme de l’homme qui aurait, en Suisse, le plus de pouvoir. Vrai?
Non. Le mandat et le travail de la BNS sont définis par la loi et la Constitution. Nous essayons de les accomplir au mieux. Je conçois surtout mon rôle en termes de responsabilités.
Et si vous ne l’aviez pas fait?
L’économie réelle s’en serait trouvée gravement affectée. Nous aurions risqué une spirale déflationniste et un taux de chômage qui aurait pu atteindre quelque 8%.
Pour ce faire, vous prenez des risques importants.
Il n’y a pas de free lunch. Ainsi, les coûts potentiels de cette crise se trouvent concentrés dans le bilan de la BNS, pour l’instant sous forme de risques. Dans les pays ayant réagi à la fois par la politique monétaire et la fiscalité, les risques principaux portent sur la capacité à assumer le poids de la dette publique.
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