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Par Mireille Descombes - Mis en ligne le 17.10.2012 à 14:11 |
Savoureuses, sensuelles, intelligentes, ludiques, légèrement décalées, un peu kitsch et se jouant des rencontres de couleurs improbables: voilà des œuvres qui semblent faites pour satisfaire les sens. Tous les sens. Bien sûr, il est strictement interdit de toucher, et plus encore de goûter. Le plaisir n’en est pas moins intense. Avec sa collection de vases intitulée All’Ambic, la designer espagnole Patricia Urquiola invente une sorte de paradis des formes qui balaie les clichés habituellement associés à la riche tradition vénitienne de l’art du verre soufflé. Dix-huit de ces pièces gourmandes sont à découvrir au Mudac, réalisées à l’invitation du marchand et collectionneur passionné Adriano Berengo. Volontiers qualifiée de glamour, Patricia Urquiola est une habituée des passages et des passerelles. Née à Oviedo en 1961, elle commence à l’Université polytechnique de Madrid des études d’architecture qu’elle poursuit ensuite à Milan. Elle y réalise sa thèse sous la direction du grand Achille Castiglioni, qui la rend attentive aux petites choses, l’amène à jongler avec les échelles. Dans les années 90, elle conçoit aussi bien l’aménagement intérieur de showrooms, boutiques et restaurants que des meubles et des objets. Après avoir travaillé pour De Padova et Lissoni notamment, elle fonde en 2001 son propre studio, à Milan où elle s’est installée. A la fois exubérant et très féminin dans ses enveloppements sensuels, son travail a reçu de nombreux prix. Plusieurs de ses pièces figurent dans la prestigieuse collection du MoMA à New York. Entre animal et végétal. Avec le verre, et la création de pièces uniques, Patricia Urquiola explore sans tabou de nouveaux territoires. Invitée en 2011 par Adriano Berengo à participer à la deuxième édition de sa biennale Glasstress – organisée parallèlement à la Biennale d’art de Venise – la designer a imaginé des récipients en une ou plusieurs pièces qui, entre animal et végétal, se souviennent des cornues et des alambics. Fascinée par cet univers si particulier où virtuosité et maîtrise n’excluent jamais totalement le hasard, elle a inclus dans certains de ses vases les outils en bois utilisés par les verriers estimant qu’ils faisaient partie intégrante de l’objet final. Etrange et pourtant familier, ce cortège de bols à tubes, de panses rebondies, de becs effilés et d’excroissances organiques a pris place sur un présentoir de planches et de métal, dispositif brut et sommaire emprunté lui aussi à l’atelier. Contrastant avec le luxe des teintes et la préciosité des transparences habitées, il rappelle qu’en travaillant le verre, on traite toujours avec l’élémentaire. Lausanne. Mudac. Du 20 octobre au 15 septembre 2013, ma-di 11-18 h. En parallèle, jusqu’au 17 février 2013, «Hot Tools», le résultat d’un workshop sur le verre dirigé à l’Ecal par le designer français Ronan Bouroullec en collaboration avec le souffleur suisse Matteo Gonet. |









