EPFL: Patrick Aebischer for president

Mis en ligne le 16.03.2000 à 00:00

Dénouement Le chercheur formé aux méthodes américaines dirigera l'Ecole polytechnique de Lausanne. Toutes les tares de la Suisse concentrées en six mois de polémique.

L'Hebdo; 2000-03-16

EPFL: Patrick Aebischer for president

Dénouement Le chercheur formé aux méthodes américaines dirigera l'Ecole polytechnique de Lausanne. Toutes les tares de la Suisse concentrées en six mois de polémique.

Ce ne fut qu'un cri: impossible. On n'y pensait pas. Un médecin, un biologiste, un chercheur de pointe parachuté du CHUV à l'EPFL. C'était une idée de Francis Waldvogel, président du Conseil des écoles polytechniques et médecin lui-même. Idée audacieuse d'un cénacle décidé à faire moderne. Mais devant l'hostilité des professeurs de l'EPFL, la crainte des industriels de la place et le malaise des Zurichois, le Conseil, pris de panique, s'est ravisé, refusant tout à coup les conditions que Patrick Aebischer avait posées pour son engagement. Aujourd'hui, tout rentre dans l'ordre. Patrick Aebischer sera le nouveau président de l'EPFL. Ses conditions ont été acceptées. La polémique aura duré six mois et agité le bocal des passions suisses et locales. Etat des troupes après la bataille.

Le Conseil des EPF

Si suisse, si administratif

Drôle de Conseil. C'est lui qui aujourd'hui chapeaute les écoles polytechniques de Zurich et de Lausanne. Il n'a pas l'autorité de choisir les présidents des deux établissements, il se contente de les proposer au Conseil fédéral. Mais il a les mains libres en ce qui concerne les vice-présidents. Il a même le droit d'intervenir dans la nomination des professeurs. Autorité centrale, directoriale, dictatoriale, flanquée d'une grasse administration de 80 personnes, il n'avait pas réglé les problèmes liés à l'engagement du nouveau président, celui en particulier de ses activités dans l'économie privée, que, déjà, il lui envoyait un bulletin de versement de 540 000 francs pour le rachat de sa caisse de pension. Le génie administratif se cache dans les détails et s'affiche chez un chef du personnel qui ne parle ni français ni anglais.

Le Conseil: une construction tragiquement suisse, qui a vocation de ne déplaire à personne, de ménager les susceptibilités régionales, professorales, politiques, et qui finit par empoisonner tout le monde. A Zurich, on se plaint d'une «autonomie factice de l'Ecole», comme l'appelle un professeur, autonomie prévue par la loi, mais qui n'est qu'un voile pudique destiné à cacher le pouvoir central. A Lausanne, on a confondu la nomination de Patrick Aebischer avec un coup d'Etat fomenté par le président Francis Waldvogel, un médecin genevois proche de l'âge de la retraite, qui porte encore beau, mais ne s'est jamais avisé de défendre son choix publiquement. Tout au long de l'affaire Aebischer, le Conseil des écoles a montré qu'il n'était pas à la hauteur de la situation. «Un mélange de perfectionnisme et d'amateurisme», résume un scientifique de pointe.

Pour apaiser une polémique qui n'était pas prévue, il a fallu revenir sur les promesses faites au nouveau président, puis, devant la détermination de celui-ci («je viens avec mon équipe ou je ne viens pas»), plier l'échine. Ruth Dreifuss et le gouvernement fédéral ont tiré les leçons de l'aventure. Comme l'a relevé la chef du Département de l'intérieur dans sa réponse à des interpellations parlementaires, «une révision partielle de la loi sur les écoles polytechniques est en préparation». Il s'agit, entre autres corrections, de «garantir l'autonomie optimale à tous les niveaux». L'idéal serait de réduire le pouvoir du Conseil des écoles à celui d'un simple conseil d'administration. Et de donner à chacune des deux écoles la liberté d'action qu'elle souhaite. Jouer donc à fond le jeu de la concurrence, «ce qui n'exclut pas la coopération là où elle se révèle nécessaire», comme dit Patrick Aebischer.

Les industriels

Modernes or not modernes?

Les industriels vaudois Daniel Borel et André Kudelski n'ont jamais pris la peine de parler directement au nouveau président. Ils se sont contentés de lui faire des procès d'intention et de rameuter l'opinion publique contre lui. André Kudelski assure qu'il n'a commencé son offensive que sur le tard, après avoir entendu le nouveau président faire part de ses intentions. «J'ai compris cette inclination qui était la sienne à vouloir forcer les choses.» Brutaliser ce qui est, faire la révolution, «pourquoi pas si l'EPFL avait été en mauvais état». Mais justement elle ne l'est pas, tout au contraire. Alors, «qu'est-ce que cette manière de liquider toute une direction et de vouloir imposer la sienne?» Une direction dont la composition marque «d'emblée» la priorité qu'on accordera aux sciences du vivant, «les autres n'étant plus considérées que comme complémentaires».

Au fond de lui-même, André Kudelski pense que Patrick Aebischer «fantasme» sur les possibilités ouvertes par la recherche biologique. Après tout, peut-être ne s'agit-il que d'un gigantesque bluff, alimenté par l'appétit industriel des start-up et l'orgueil des chercheurs. «Mais je peux me tromper, je le reconnais, dit André Kudelski, alors que Patrick Aebischer, lui, n'admettra jamais rien de tel. C'est le genre d'homme qui est toujours sûr d'avoir raison, même lorsque la réalité le contredit.» Industriel, André Kudelski veut d'abord faire tourner sa boîte. Celui qui a incarné longtemps l'innovateur toutes catégories, celui qui reste une figure de la modernisation rejoint le camp des conservateurs. Il pense d'abord à ses besoins techniques d'aujourd'hui: de bons ingénieurs, pas des chercheurs obsédés par les prochains bouleversements scientifiques. La recherche fondamentale, bien sûr, reste indispensable. «On ne va pas rester assis sur nos acquis pendant dix ans.» Mais pourquoi avantager la recherche «au préjudice de la formation?», s'inquiète l'industriel. Réplique de Patrick Aebischer: «On ne fait pas de bonne formation sans être à la pointe de la connaissance scientifique.»

Les professeurs

Touche pas à ma chaire!

Deux cultures s'affrontent: la technique, les applications, les certitudes d'aujourd'hui contre les incertitudes de la science de demain. Patrick Aebischer fait une sorte de pari sur l'avenir. Il veut transformer l'EPFL en véritable université technologique. Tant pis pour les Zurichois. Tant pis pour les traditions qui voulaient que la ville fédérale soit à Berne, le Tribunal fédéral à Lausanne, et l'Ecole polytechnique à Zurich. Grâce à Maurice Cosandey et à Jean-Claude Badoux, deux des illustres prédécesseurs de Patrick Aebischer, l'EPFL est devenue un centre d'excellence reconnu en Suisse et à l'étranger. «Je veux simplement aller jusqu'au bout», dit le nouveau président. Les professeurs de l'EPFL qui se sont opposés à lui représentent les ingénieurs traditionnels, qui ont fait la Suisse du XXe siècle, celle des tunnels, des barrages et des autoroutes. Epuisés par leurs succès, campés sur leur discipline, ils semblent se boucher les yeux devant les promesses des nouvelles technologies. La défense du pré carré corporatiste a remplacé l'esprit de pionnier.

Zurich

La peur a changé de camp

Aller jusqu'au bout, pour Patrick Aebischer, c'est discuter d'égal à égal avec Zurich, ne pas craindre la concurrence, surtout ne pas nourrir de sentiments d'infériorité. André Kudelski est d'un autre avis: «Transférer les sciences du vivant à Lausanne, c'est déterrer la hache de guerre, c'est donner aux Zurichois les verges pour nous fouetter.» Avec un mélange d'inquiétude et de commisération, la «Neue Zürcher Zeitung» parle de l'«axe welsche Dreifuss-Kleiber-Waldvogel-Aebischer». L'ironie du quotidien cache la peur de l'EPFZ de se voir concurrencer dans un domaine qu'elle se croyait réservé pour l'éternité. Bloqué depuis trois ans, le budget des écoles polytechniques doit faire l'objet de nouveaux arbitrages. «D'accord, dit Aebischer, si ces arbitrages obéissent à des critères exclusivement scientifiques.» Pour une fois que la prééminence de Zurich est mise en cause, les Romands si enclins au gémissement auraient tort de se plaindre.

Les grognards politiques

A la traîne

En six mois, Ruth Dreifuss n'a rencontré qu'une seule fois Patrick Aebischer et laissé au seul Charles Kleiber le soin de défendre publiquement le nouveau président. Manque de chance: le secrétaire d'Etat à la science ne dispose d'aucun pouvoir. Il n'a qu'un titre, mais rien - sauf deux modestes millions de francs de budget - qui puisse faire croire que ce titre correspond à quelque chose. Le Conseil des EPF parle directement au Conseil fédéral. Charles Kleiber n'est qu'un conseiller scientifique. Il ne donne que des avis, jamais d'ordres. Pascal Couchepin, qui se pique volontiers de préparer la Suisse économique de demain, n'a pas jugé bon de dire son avis, alors qu'il en a un sur tout et sur n'importe quoi.

Morale de l'histoire

La Suisse pourrait s'offrir un véritable Ministère de la science et de la recherche, donner aux académies et aux écoles polytechniques une large autonomie de décision. Il y en a même qui imaginent que les professeurs soient jugés sur leurs prestations et leurs performances, mis à la porte s'ils ne sont pas à la hauteur. L'arc lémanique, dans l'esprit d'un homme comme Patrick Aebischer, pourrait devenir une Silicon Valley romande, un foyer de compétences et d'entreprises.

Comme dit le proverbe italien: les temps seront durs, mais modernes.

Pierre-André Stauffer et Michel Zendali

Tout au long de l'affaire

Aebischer, le Conseil

des écoles a montré

qu'il n'était pas à la hauteur

de la situation.

Patrick Aebischer «On m'a comparé à un général prussien...»

A 46 ans, le nouveau président de la haute école lausannoise fait le bilan de la crise qu'il a vécue ces derniers mois et esquisse son projet d'université technologique pour l'arc lémanique.

Patrick Aebischer, est-on au bout de la crise? Autrement dit serez-vous vendredi le nouveau président de l'Ecole polytechnique fédérale de Lausanne?

Oui. En l'état, je juge avoir obtenu les garanties que je demandais, soit la nomination de l'équipe de direction que j'ai choisie et la possibilité de poursuivre mes activités de chercheur.

Votre laboratoire va donc être transféré à Dorigny?

Le fait, confirmé par Mme Dreifuss, que je puisse consacrer 20% de mon temps à la recherche signifie qu'on admet le principe de ce transfert. Sur les modalités, on peut encore discuter, d'autant que l'emménagement n'aura lieu qu'en 2002. Je fais confiance au système pour régler la question.

La polémique autour de votre nomination vous a-t-elle affecté?

Le mot est trop fort, je dirais plutôt déçu. D'autant que certaines attaques étaient indignes comme lorsqu'on a fouillé dans ma vie privée ou celle de Stefan Catsicas, la personne qui sera responsable de la recherche. Mais je n'ai pas de rancoeurs.

Le Conseil des écoles a bien failli vous lâcher. Depuis votre nomination en juin 1999, quelles erreurs avez-vous donc commises pour susciter une telle hostilité?

On m'a reproché mon style, on m'a comparé à un général prussien ou plus classiquement à un éléphant dans un magasin de porcelaine. Moi, j'ai simplement eu l'impression de parler clair dès le départ et avant ma nomination. Aujourd'hui, ces questions sont résolues. J'espère que les malentendus se sont dissipés et qu'on me jugera sur un projet et des résultats.

...Vous estimez donc que vous n'avez pas commis d'erreurs?

Bien sûr, j'ai commis des erreurs. J'ai peut-être sous-estimé l'aspect politique de la fonction mais je crois que la cause principale de ces «troubles» est liée aux retards administratifs du système. Il faut dire aussi que plus on a de détracteurs, plus il est difficile de communiquer, surtout si les critiques ne sont jamais directes mais viennent par l'intermédiaire de lettres ouvertes ou par les médias. C'est la première fois dans l'histoire de l'EPFL qu'on a fait appel à un président qui n'est pas de la maison. Je suis chercheur, médecin et je conçois que cela ait pu créer un malaise chez les ingénieurs, formés à une culture différente.

Que voulez-vous dire?

Une école polytechnique doit former des ingénieurs mais elle ne peut pas répondre aux seuls besoins d'aujourd'hui. Sinon elle n'aurait plus de raison d'être. Une école polytechnique, au sens où je l'entends, doit former les cerveaux qui demain définiront les domaines de la science qu'on pourra valoriser et industrialiser. Le modèle que je veux développer avec les collaborateurs de l'école, c'est celui d'une véritable université technologique.

Mais ce qu'on vous a reproché, c'est de vouloir privilégier les sciences du vivant parce que vous en venez...

Tous les pays industrialisés, les Etats-Unis en premier lieu, mais aussi l'Allemagne, la France, investissent des montants considérables dans la recherche sur le cerveau et la connaissance du génome, deux horizons scientifiques parmi les plus prometteurs des dix prochaines années. Pourquoi la Suisse refuserait-elle un tel défi? Si aujourd'hui nous n'avons pas assez d'informaticiens, c'est que nous n'avons pas investi assez tôt, nous n'avons pas cru assez tôt à l'avenir. Inutile de répéter la même erreur. Cela dit, je ne privilégie rien du tout. Les sciences du vivant ne représenteront qu'une fraction modeste de notre budget, et les techniques de l'information que certains prétendent menacées occupent déjà aujourd'hui une quarantaine de chaires de professeur sur environ 150. De toute façon, je suis convaincu que les percées scientifiques auront lieu aux interfaces. Du génie civil à l'environnement, de la technique de communication aux biotechnologies, les disciplines scientifiques finissent toujours par se rencontrer. Pour envoyer un message aujourd'hui, on passe par un cornet de téléphone. Qui vous dit que, demain, on ne le fera pas grâce à un logiciel cérébral?

L'université technologique est fondée sur le dialogue et la confrontation entre les disciplines. L'ADN, finalement, qu'est-ce que c'est, sinon une technique de communication?

Votre projet, c'est donc une sorte de pari sur l'avenir?

Aucune science ne peut dire ce qu'elle sera dans dix ans. Qui parlait d'Internet en 1990? Une chose est sûre: toutes les grandes découvertes récentes sont des applications technologiques issues des sciences fondamentales: biologie, physique, chimie, mathématiques... D'où l'idée de renforcer l'interface entre les sciences de l'ingénieur et les sciences fondamentales. Sur cet aspect, je ne fais que poursuivre le travail de mes prédécesseurs.

Comment réagissent les universités de Lausanne et de Genève?

Il n'y a pas l'ombre d'une ambiguïté dans la coopération avec elles. Dans le projet de l'arc lémanique, il est prévu de transférer les sections de physique, chimie et mathématiques de l'Uni de Lausanne vers l'EPFL, mais en retour je compte sur les hautes écoles de la Suisse occidentale pour dispenser à nos ingénieurs des enseignements en sciences humaines, en droit, en gestion, en économie, en éthique. Dans les biotechnologies, on ne peut rien faire sans cet apport-là. Pensez aussi aux techniques de communication. Elles ont d'ores et déjà changé notre manière de penser et d'agir. Elles sont donc en interface avec la psychologie et l'éthique.

Avec l'EPFZ, les choses ne vont, semble-t-il, pas aussi bien. Les Zurichois vous reprochent de mettre la main sur un domaine, les sciences du vivant, qui leur serait en principe réservé.

Ce partage des disciplines est une vision de bureaucrates. Au nom de quoi interdirait-on à un scientifique de s'intéresser à ce que la science a de plus prometteur? L'EPFZ a des moyens financiers trois fois supérieurs aux nôtres, un milliard contre 350 millions. J'ai les meilleures relations du monde avec Olaf Kübler, président de l'EPFZ, nous collaborons là où il faut, mais nous sommes tous les deux ouverts à la concurrence. Je n'ai pas le complexe de l'EPFZ.

A Zurich, on se gausse de la «welsche connection»: Dreifuss, Kleiber, Waldvogel, Aebischer...

... Et alors? Pour une fois que les Romands occupent des postes clés en Suisse, on ne va pas s'en plaindre. L'arc lémanique dispose d'un extraordinaire potentiel scientifique. Que les Zurichois donnent parfois l'impression de s'en inquiéter est plutôt bon signe.

Qu'allez-vous faire maintenant que vous êtes en principe président?

Ce que j'ai retenu de cette crise, c'est qu'il ne faut jamais se lasser d'expliquer. On m'a prêté le noir dessein de démanteler le département d'architecture. Au contraire, en immergeant l'architecture dans un nouveau concept où elle voisinerait avec le génie civil, les techniques de l'environnement et celles de l'énergie, on valoriserait le tout, jusqu'à en faire l'un des piliers de la nouvelle école. Aux responsables de ces disciplines de faire des propositions. Les scientifiques de terrain ont toujours raison. La nouvelle direction va donc leur donner beaucoup plus d'autonomie qu'ils n'en avaient jusqu'ici. Cette direction regroupe des compétences d'ingénieurs, de sciences fondamentales, de gestion et d'esprit d'entreprise. Au-delà des responsabilités de chacun d'entre nous, c'est ensemble que nous allons traiter tous les problèmes importants.

Vous aussi, vous voulez jouir d'une plus large autonomie. On vous prête même l'idée de chercher à privatiser l'EPFL?

Ridicule, absurde. Ce qui ne veut pas dire qu'il est interdit de trouver d'autres sources de financement que les deniers publics. En ce qui concerne l'autonomie, oui, c'est mon rêve. J'aimerais que l'EPFL puisse, le plus souvent possible, prendre les grandes décisions elle-même. Bien sûr, elle aura ensuite des comptes à rendre. D'ailleurs, moi aussi, je serai évalué sur des résultats. Je vous donne rendez-vous dans quatre ans...

Propos recueillis par Michel Zendali et Pierre-André Stauffer

«Aucune science

ne peut dire ce qu'elle

sera dans dix ans.»

«Que Zurich s'inquiète de nos ambitions est plutôt bon signe.»

Le campus de l'EPFL: un décor futuriste pour l'université technologique du siècle prochain.

-->

Mix & Remix

Voir plus »
UMP: Vainqueur, Copé propose la vice-présidence à Fillon.

UMP: Vainqueur, Copé propose la vice-présidence à Fillon.

Genève promet une police décomplexée pour les fêtes de fin d'année.

Genève promet une police décomplexée pour les fêtes de fin d'année.

Gaza: L'armée israélienne a repoussé son offensive terrestre.

Gaza: L'armée israélienne a repoussé son offensive terrestre.

Moody's dégrade la note de la France.

Moody's dégrade la note de la France.

Cia: le général Petraeus au coeur du scandale

Cia: le général Petraeus au coeur du scandale