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Par Linda Bourget - Mis en ligne le 30.07.2012 à 10:32 |
Comme d’habitude les marchés sont fébriles. Hystériques même, face aux moindres déclarations relatives à la situation des dettes espagnole et italienne. Lorsque Mario Draghi, président de la Banque centrale européenne, déclare le 26 juillet que l’institution est «prête à tout pour préserver l’euro», le coût des emprunts espagnols et italiens se tasse instantanément. Une annonce qui permet à Mariano Rajoy et à Mario Monti, les premiers ministres des deux pays, de reprendre un peu de souffle. Mais qui ne résout en rien les problèmes de leurs péninsules. Côté symptômes, les diagnostics sont similaires. L’Italie comme l’Espagne croulent sous leur dette. 120% du produit intérieur brut pour la première, 70% pour la seconde. Conséquence: le taux des emprunts espagnols à dix ans a récemment crevé le plafond des 7,5%, celui des italiens a atteint 6,4%. En clair, c’est très cher, et cela creuse encore plus leur créance. Sans parler de l’endettement catastrophique de leurs régions. Tenter de rassurer. Pris entre le marteau des marchés et l’enclume de l’économie réelle, les hommes forts de Rome et de Madrid tentent de rassurer avec plus ou moins de conviction. En Espagne, le gouvernement de droite a les coudées franches grâce à sa majorité parlementaire. Mais «le pouvoir fait parfois passer son agenda politique avant les intérêts du pays. Cela le décrédibilise», note Thibault Mercier, analyste chez BNP Paribas. Tout comme le fait d’avoir assuré que les banques espagnoles n’auraient pas besoin d’être sauvées, ou que Madrid pourrait se passer de l’aide de Bruxelles... «L’Espagne devra être sauvée et cela coûtera dans les 300 à 400 milliards d’euros. Alors forcément, la crédibilité de Rajoy auprès des investisseurs est au niveau zéro. Ce qui est un handicap sur le plan de la psychologie des marchés. Or, en ce moment, il n’y a que ça qui compte», analyse Nicholas Spiro, spécialiste des dettes souveraines au sein de Spiro Sovereign Strategy. Réalités différentes. Le technocrate et ancien commissaire européen Mario Monti, auréolé de son passage chez Goldman Sachs, impose a contrario confiance et respect sur les marchés. Bien qu’il n’ait pas de légitimité populaire (il n’a pas été élu), Monti fait donc office d’amortisseur face aux attaques des investisseurs. Mais l’effet «Super Mario» sera de courte durée, puisque celuici se retirera en avril prochain. Reste à espérer que d’ici là, les marchés se seront suffisamment calmés pour intégrer le fait que l’économie réelle italienne est moins poussive que celle de l’Espagne. L’industrie du Bel Paese reste en effet relativement forte, le taux de chômage raisonnable (10%) et le travail au noir maintiennent une bonne partie de la population à flot. Les banques sont plus ou moins saines et la détérioration de la dette s’est faite lentement. Tout le contraire de l’Espagne: industrie crevotante, chômage lié à l’explosion d’une bulle immobilière à 24,6%, banques en mal de 60 milliards d’euros et dégradation des finances publiques en à peine cinq ans. «La dynamique espagnole est beaucoup plus inquiétante, car la situation paraît hors de contrôle», commente Norbert Gaillard, spécialiste des dettes souveraines et consultant indépendant. Raison pour laquelle un sauvetage de celleci apparaît autrement plus impératif qu’une aide à l’Italie. |









