Lu & Vu pour vous
L’Anglais et le Röstigraben
Mis en ligne le 12.01.2011 à 13:32
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En vacances à Crans-Montana, le correspondant du «Financial Times» à Zurich s’étonne que les Suisses allemands voyagent très peu en Suisse romande. Ah bon?
Lorsque Haig Simonian était correspondant du Financial Times à Berlin, il avait déjà remarqué que les Allemands de l’Ouest préféraient aller en vacances en Toscane plutôt que de «découvrir l’ancienne RDA».
Depuis qu’il occupe cette fonction à Zurich, il note que les Suisses allemands s’intéressent spécialement peu à leurs voisins, ce qui lui inspire quelques réflexions livrées à une NZZ am Sonntag décidément bien urbaine.
En vacances à Crans-Montana, Haig Simonian a constaté qu’on parlait «beaucoup de langues» sur les pistes: français, italien, néerlandais, anglais... mais pas du tout de suisse-allemand. Dans la station valaisanne, «les Suisses allemands ne comptent même pas pour 10% des visiteurs».
Dans les journaux d’outre-Sarine abondent les publicités pour des vacances au Tessin, aux Grisons, sans compter les lieux plus exotiques, mais point de «Romandie» à l’horizon. Pas même des «attractions spectaculaires» comme «les vignobles de Lavaux, inscrits au patrimoine mondial».
Diantre. Voilà notre Anglais de Zurich, qui voit Verbier comme «une Mecque pour les sportifs d’hiver de toute l’Europe», confronté à une terrible réalité: les différences culturelles suisses, «que l’on désigne par “Röstigraben”».
Et de constater que «tout le monde n’a pas la chance de grandir biculturel et bilingue à Fribourg ou à Bienne». On sent le scoop arriver.
Haig Simonian raconte ce qui lui est arrivé à Crans-Montana, et qui «prouve [sa] théorie». «Notre plaque zurichoise était apparemment une telle rareté, que quelqu’un l’a dévissée et volée. C’était semble-t-il le quatrième cas en peu de temps. La soif d’aventure a parfois un prix!»
Haig Simonian / NZZ am Sonntag. Traduction et adaptation MR
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