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Edito
Etat de crise permanent

Par Alain Jeannet - Mis en ligne le 16.06.2010 à 13:13

Vivons-nous la semaine de tous les dénouements? La libération, d’abord, de Max Göldi, avec sa barbe de prophète à la descente de l’avion, après des mois de souffrance et d’incertitude. L’approbation, ensuite, de l’accord sur UBS avec les Etats-Unis par le Parlement, quasi acquise au moment où nous mettons sous presse. Le rejet, enfin, d’une Commission d’enquête parlementaire (CEP) sur la grande banque par une majorité qui veut éviter de remuer plus longtemps les miasmes du passé.

Certes, on aimerait tous que le cauchemar finisse. Tourner cette page cruelle de l’histoire helvétique. Aller de l’avant. Hélas, la zone de turbulences est loin d’être terminée. L’affaire libyenne a mis en lumière le provincialisme des autorités genevoises. Et l’atmosphère délétère de méfiance réciproque qui règne au Conseil fédéral. Micheline Calmy-Rey, qui passe aujourd’hui pour une héroïne, devrait écoper, après une trêve, de son lot de critiques assassines. Et, avec elle, une majorité du gouvernement (lire en page 14).

Même paraphé, l’accord avec Washington ne garantit pas un enterrement définitif de la hache de guerre fiscale. On sait que les autorités américaines ont d’ores et déjà plusieurs autres banques helvétiques dans le collimateur. Elles ne lâcheront pas la proie.

En Suisse, les adversaires d’une CEP sur UBS, eux, ont proposé une solution de rechange. Une «Commission vérité», comme on l’appelle, censée enquêter sur les agissements de Marcel Ospel & Co. ainsi que démêler les relations entre la grande banque, les autorités de surveillance et le Conseil fédéral. Personne ne croit sincèrement à son efficacité. Une occasion a été manquée de faire la lumière.

Il faudrait pourtant tirer les leçons des crises récentes. Et se préparer à celles qui vont immanquablement éclater. La libérale genevoise Martine Brunschwig Graf rappelle d’ailleurs comment, en 1997 déjà, il avait été question de créer une cellule de crise permanente pour aider le Conseil fédéral à anticiper les problèmes, à formuler les stratégies idoines... Un projet vite oublié. Dommage, cet instrument aurait été fort utile par la suite. Pour faire face au grounding de Swissair. Pour anticiper les attaques contre la place financière suisse. Pour gérer le tyrannique et fantasque Kadhafi (lire en page 16).

Fera-t-on mieux cette fois? Si l’on veut trouver des parades efficaces, il faut commencer par poser un diagnostic, un vrai. Il n’est pas sûr que la Suisse en soit capable, comme le montre les derniers événements. Dangereux, car le monde actuel nous contraint à vivre en état de crise permanent et à affronter des rapports de force parfois brutaux. Mieux vaut s’habituer à cette idée. Et s’équiper en conséquence.




Tags: Max Göldi, accord UBS,

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