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Eugen Haltiner. Nous n’aurons jamais la garantie d’identifier tous les risques

Par Geneviève Brunet - Mis en ligne le 26.06.2008 à 00:00

Sécurité. Les leçons de la crise en cours seront tirées. Le minimum de fonds propres exigé pour les banques d’affaires sera augmenté avant la fin de cette année.

La Finma, autorité intégrée de surveillance des banques et des assurances, entrera en fonction le 1er janvier. Les banques auraient-elles été moins affectées par la crise si elle avait existé il y a cinq ans?
Il est difficile de le dire, car cette crise est très particulière. Si la Finma avait existé depuis cinq ans, elle aurait eu une taille et des compétences plus importantes que celles des autorités existantes. Avec le regroupement de la Commission fédérale des banques (CFB), de l’Office fédéral des assurances privées (OFAP) et de l’Autorité de contrôle en matière de lutte contre le blanchiment d’argent, nous avons l’opportunité de créer de solides centres de compétences regroupant des experts qui, aujourd’hui, sont répartis sur trois unités. Il y a très peu de concertation entre les autorités de surveillance des banques et des assurances. Tant les banquiers que les assureurs devraient pouvoir profiter de leurs savoir-faire respectifs pour l’analyse des risques de marché et de crédit.

Cette crise a montré que le risque de liquidité était sous-estimé: comment allez-vous mieux le prendre en compte?
Le Comité de Bâle a lancé une étude sur ce thème. Mais la CFB, la Banque nationale et les deux grandes banques avaient entamé bien avant la crise des subprimes une réflexion sur le risque de liquidité. Elles reconnaissaient conjointement que la manière dont ce risque est couvert est insuffisante. Cette réflexion devrait aboutir à des propositions concrètes d’ici à la fin de l’année. Pendant cette crise, la liquidité des grandes banques a été suivie de très près. Il faut distinguer la liquidité de la banque – les actifs disponibles pour couvrir ses engagements – et la liquidité des marchés – le nombre de transactions réalisées. C’est ce dernier risque qui avait été mal estimé: des marchés bénéficiant d’un flux régulier de transactions se sont soudainement bloqués. Un élément désormais à intégrer dans de nouveaux stress tests.

Les normes comptables imposent de valoriser les actifs à leur valeur de marché. Faudrait-il prévoir d’autres modèles?
Non, la valeur de marché est une règle fondamentale. Elle reste la plus pertinente, et on ne peut pas changer les règles au milieu d’une crise... Quand il y a très peu de transactions, il est certes difficile d’établir un prix. Mais cela est vrai sur tous les marchés: si personne ne veut acheter de maison, l’estimation d’un bien immobilier est ardue. Dans le cas des banques, il convient de se demander s’il faudrait classer les actifs peu liquides: les immobiliser dans des structures spéciales et les garder jusqu’à l’échéance...
 
 
Découvrez l'entier de l'article dans L'Hebdo.
 






Tags: Eugen Haltiner, Banques, UBS, crise, Finma,

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