Dans toutes les bonnes familles, il y a un méchant. Dans celle de l’Europe, c’est depuis peu Nicolas Sarkozy qui tient ce rôle.
Au creux de l’été, le président français s’est attaqué aux Roms, soulevant la réprobation, en France puis à Bruxelles.
«La France sort perdante de son bras de fer avec la Commission européenne, estime Christian Lequesne, directeur du Centre d’études et de recherches internationales (CERI), à Paris.
La posture adoptée par Nicolas Sarkozy fait penser à la période flamboyante du gaullisme, dans les années 60, lorsque le Général pratiquait la politique de la chaise vide à Bruxelles. »
Si, une fois encore, c’est la fameuse «arrogance française» qu’on déplore ailleurs en Europe, il n’aura échappé à personne que le président français, en agitant la question «rom», conjointement à celle des délinquants d’origine étrangères, poursuit des objectifs électoraux en vue de la présidentielle de 2012.
Qu’il ait, à cette occasion, fait le procès de la «bureaucratie bruxelloise» montre que «le modèle européen que défend la France est un modèle intergouvernemental, où ce qui compte, ce sont les Etats et non les anciens idéaux de supranationalité», constate Christian Lequesne.
Ces derniers temps, l’idée de nation revient en force, et la gauche pro-européenne s’empare à son tour du vocable pour ne pas en laisser l’usufruit aux souverainistes de tout bord.
Sous l’étendard «Touche pas à ma nation», se sont ainsi rassemblés Bernard-Henri Lévy, le directeur de Libération, Laurent Joffrin, et le président de SOS-Racisme, Dominique Sopo.
Ce triumvirat de la résistance à Nicolas Sarkozy a récolté 60 000 signatures demandant au chef de l’Etat de mettre un terme à sa politique de «stigmatisation» des étrangers et des Français issus de l’immigration.
La nation, certes, mais l’Europe n’est jamais loin. Lors d’un meeting, BHL a emboîté les mots tels des poupées russes: «Cibler les Roms, c’est cibler la France et c’est cibler l’Europe.»
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