Pas de grande fête, mais des présentations scientifiques et un apéritif partagé «entre amis». Pour son dixième anniversaire, organisé le 25 novembre, ExcellGene a voulu une célébration à sa mesure. Modeste. Cette discrétion revendiquée n’empêche pas la petite entreprise de biotechnologie d’avoir à son actif quelques beaux succès dans son domaine – la fabrication de protéines à usage thérapeutique – et d’afficher une bonne santé financière.
Tout a commencé à l’EPFL où, après une carrière dans l’industrie, Florian Wurm a été nommé professeur de biotechnologie il y a seize ans. Très vite, ce biologiste allemand a souhaité faire bénéficier les petites et moyennes entreprises de son expérience, afin qu’elles «parviennent plus rapidement à l’objectif qu’elles se sont fixé».
C’est ainsi qu’en 2001 il a fondé ExcellGene. Cette spin-off de la haute école est en effet un fournisseur de services: elle produit des protéines pour des PME et petites et moyennes industries (PMI) de la biotechnologie et de la pharma souhaitant élaborer de nouveaux médicaments.
Le démarrage s’est fait en douceur. Au départ, la spin-off ne comptait, outre son fondateur, qu’une personne: Maria De Jesus, postdoctorante au laboratoire de Florian Wurm. En guise de capital, elle ne possédait que quelques milliers de francs apportés par ses cofondateurs. «Nous ne souhaitions pas recourir au capital- risque car nous voulions rester indépendants», souligne la biologiste, actuelle directrice opérationnelle de l’entreprise. «Notre société est toujours autofinancée. C’est pour cette raison que nous avons peu grandi en dix ans.»
Malgré tout, la société s’est développée. D’abord abritée par l’EPFL, elle a déménagé en 2005 au BioArk de Monthey, attirée par le soutien offert par l’incubateur d’entreprises et par les autorités de la commune.
Toute la chaîne. Occupant le deuxième étage du bâtiment, ses locaux ressemblent à ceux de n’importe quel laboratoire de biologie. A ceci près que l’on y trouve de nombreux bioréacteurs de tailles diverses dans lesquels sont cultivées les cellules de mammifères génétiquement modifiées. Des dispositifs «innovants et basés sur des principes simples», souligne le directeur du business development Antonio Balta.
C’est notamment le cas duprototype développé avec l’entreprise bâloise Kühner AG et l’EPFL, d’une capacité de 2500 litres, «qui est unique au monde». Ou, à l’autre bout de l’échelle, de ces petits tubes de 2 à 5 millilitres développés par ExcellGene qui a mis cette technologie à la disposition des autres sociétés de biotechnologie, lesquelles en font aujourd’hui un large usage.
Grâce à ces différents matériels et à la matière grise de ses chercheurs et ingénieurs, la spin-off, selon Maria De Jesus, peut offrir à ses clients «toute la chaîne de production, de la séquence d’ADN dessinée sur le papier à un produit bien réel pour le client». Elle fabrique pour lui des protéines qui sont les principes actifs de candidats médicaments et peut ensuite l’aider à optimiser ses procédés de fabrication.
Ses compétences, l’entreprise les vend essentiellement aux Etats- Unis et en Europe, mais elle a déjà noué des contacts en Chine et au Vietnam et fait de la prospection en Inde. La spin-off compte aussi diversifier ses activités. Bénéficiant de l’accréditation GMP (Good Manufacturing Practice, une norme exigée par les autorités sanitaires), elle envisage de se lancer dans la production de cellules destinées aux thérapies cellulaires.
Une manière de participer à l’émergence de cette médecine du futur visant à traiter un organe ou un tissu en remplaçant les cellules défaillantes par d’autres obtenues à partir de cellules souches. Si ExcellGene réalise «le rêve» de son fondateur, elle pourrait passer de vingt-cinq personnes aujourd’hui à «une centaine d’ici à deux ou trois ans», espère Florian Wurm qui, malgré la mauvaise conjoncture et le franc fort, affiche un bel optimisme.
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