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Plus de femmes pourraient travailler à plein temps?
Oui, mais cela supposerait de prévoir plus de structures d’accueil pour les enfants. D’autant que les années de temps partiel pénalisent généralement la progression de la carrière des femmes. De plus, la fiscalité en Suisse pénalise encore lourdement le second salaire.
Comment consolider la prévoyance vieillesse?
La force de la Suisse tient surtout au pragmatisme dans la mise en place de solutions efficaces pour répondre aux besoins réels. Il faudrait flexibiliser l’âge de départ dans l’AVS et autoriser les personnes qui ont une caisse de pensions à partir plus tôt, si elles peuvent assumer leurs dépenses à la retraite. Celles qui souhaitent travailler plus longtemps doivent aussi pouvoir le faire. Je ne crois pas à une solution unique: c’est la multiplication des solutions qui permet d’avancer. En Suisse, le système des trois piliers est déjà une bonne base. On peut envisager un 4e pilier: la flexibilisation de l’âge de la retraite pour ceux qui le souhaitent. Faute de telles solutions, les rentes AVS pourraient baisser en termes réels si la croissance économique n’est pas au rendezvous des quinze à vingt ans à venir.
Le 2e pilier offre une grande souplesse…
Dans le domaine du 2e pilier, la souplesse est très grande: elle dépend du règlement de la caisse de pensions. Je constate, dans les caisses de pensions dont je m’occupe, que les personnes regardent la rente dont elles disposeront pour décider de leur âge de départ.
Chacun doit-il s’attendre à ce que son niveau de vie à la retraite dépende plus de son épargne personnelle?
Une bonne partie des clients que je conseille dépendront entièrement de leurs 1er et 2e piliers à la retraite. La majorité de la population suisse a peu de capacité d’épargne personnelle.
L’AVS et le 2e pilier pourront-ils tenir leurs promesses de rentes?
Pour autant qu’il n’y ait ni déflation ni inflation. La déflation poserait un problème à tous les assurés au 2e pilier auprès des assurances: elles se sont engagées sur un taux de rendement basé sur un portefeuille obligataire qu’elles auraient du mal à tenir en cas de baisse durable des taux d’intérêt. Quant à l’inflation, elle réduirait le pouvoir d’achat des rentes non indexées du 2e pilier. Il ne faut pas oublier que les systèmes de retraite par répartition ont été créés après la Seconde Guerre mondiale dans les pays où l’inflation avait laminé les rentes servies par des systèmes par capitalisation. Or, on sait déjà qu’il sera difficile de revaloriser les rentes du 2e pilier puisqu’elles ont été calculées sur la base d’un taux de rendement de 3,5 à 4%, taux supérieur à la performance que les caisses de pensions sont effectivement parvenues à réaliser ces dernières années. On constate donc, dans beaucoup d’institutions de prévoyance, un transfert de fortune des assurés actifs vers les retraités.
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