Faire le mal: un choix ou une maladie?
Par Thomas Darnstädt, Beate Lakotta, Sabine Pirolt - Mis en ligne le 08.05.2008 à 00:00
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DÉBAT. Qu’est-ce qui pousse les hommes à commettre des actes effroyables? Faire le mal relève-t-il de la volonté ou d’une maladie? Neurobiologistes, psychiatres et juristes se disputent sur la question.
Peut-on voir le mal? Existe-t-il une tendance à la criminalité cachée quelque part dans le cerveau, prête à surgir? Suite à des crimes spectaculaires, suivis de procès non moins spectaculaires, les scientifiques cherchent la réponse à une question concernant le coupable: pourquoi a-t-il fait ça? C’est pour résoudre cette énigme que des délinquants sexuels et des criminels violents sont régulièrement acheminés de la prison de Waldeck en Allemagne à la clinique universitaire de Rostock. C’est là que, ligotés, ils sont conduits dans une salle d’examen. Peut alors commencer l’expérience censée amener à la reconnaissance du mal. Des spécialistes du cerveau positionnent la tête des criminels de façon exacte avant de les passer au scanner. Des images y seront projetées: chez les gens ordinaires, certaines provoquent l’horreur, d’autres l’excitation sexuelle, d’autres encore la pitié. La personne est-elle horrifiée? Excitée? Eprouve-t-elle de la compassion? Grâce à l’imagerie par résonance magnétique, les activités du cerveau sont enregistrées. Les scientifiques se penchent sur les images livrées par le scanner. Censé donner des informations sur l’assimilation des sentiments par les délinquants violents, cet examen fait partie d’une étude scientifique - menée à l’échelle mondiale - portant sur l’exploration de la criminalité. «C’est incompréhensible», voilà l’expression la plus utilisée pour parler du crime de l’Autrichien Josef Fritzl, un technicien en électronique de 73 ans qui a enfermé sa fille durant vingt-quatre ans dans la cave de son immeuble, la mettant enceinte sept fois et emprisonnant trois enfants nés de cet inceste. Pourquoi a-t-il fait ça? Posée par les voisins et les journalistes, cette question le sera bientôt par les juges qui devront s’occuper du père incestueux. Ils interpelleront les psychiatres, leur demanderont: «Expliquez-nous donc monsieur Fritzl!» Un tel homme doit être fou. Il ne doit pas être normal.
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