L’UBS fait le dos rond et reprend des forces
La grande banque a contribué à souffler le chaud et le froid en deux jours, au creux de l’été. Lundi, l’annonce de l’accord entre la Suisse et les Etats-Unis – accord dont les détails devraient être connus sous peu – a fait bondir le titre de la banque, mais mardi une perte de 1,4 milliard de francs au second trimestre de l’exercice 2009 et, surtout, la poursuite de l’hémorragie ont fait office de douche froide. L’action de la banque s’est immédiatement repliée. En trois mois, les fonds gérés par le géant ont fondu d’environ 40 milliards de francs (54,4 depuis le début de l’année). Mais ce chiffre, il s’agit de le décortiquer: une grosse partie (- 16,5 milliards) provient des clients de la gestion de fortune hors Etats-Unis, et la décrue est en recul (- 23,4 milliards au trimestre précédent); les retraits de clients suisses sont insignifiants (- 200 millions contre - 10,2 milliards de francs); aux Etats-Unis, en revanche, c’est la fuite (- 5,8 milliards contre + 16,2 milliards d’afflux de janvier à mars) sans doute liée au départ d’équipes entières de gérants; enfin, les autres actifs sont aussi en fort recul (- 17,1 contre - 7,7 milliards) en raison de transferts vers des classes d’actifs plus rémunérateurs (obligations, actions). Mois après mois, l’état de santé du groupe financier sauvé l’an dernier par la Confédération et la Banque nationale suisse – donc par les Suisses – semble s’améliorer. L’UBS a par exemple pu, sans sourciller, passer une charge de 492 millions de francs liée à l’amortissement du goodwill du groupe financier brésilien Pactual, vendu en avril dernier, charge s’ajoutant aux 600 millions déjà amortis en mai dernier. «La bonne nouvelle, résume Loïc Bhend, analyste chez Bordier & Cie, c’est aussi que l’UBS est solidement capitalisée. Je constate également qu’Oswald Grübel tient ses engagements par rapport à ses objectifs de réduction des risques. La banque continue cependant à perdre des fonds mais, malgré cette hémorragie, elle est parvenue à annoncer un bénéfice de 932 millions de francs dans la gestion de fortune (hors Etats-Unis) et la banque en Suisse. Dans ce métier, elle reste encore plus de deux fois plus grosse que le Credit Suisse.» L’austère Oswald Grübel endosse donc à merveille son rôle de père tranquille veillant à comprimer les coûts tout en allégeant la banque. Dans son commentaire, un autre analyste, Peter Thorne (société Helvea, proche de Pictet & Cie) n’hésite pas à regretter que «Grübel n’ait pas rejoint la banque une année plus tôt!» Bref, l’UBS devra peut-être son salut à un ancien de... son rival Credit Suisse!
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