Fantastique made in CH
Rétrospective au NIFFF, anthologies littéraires et jeunes auteurs de talent, le fantastique suisse a le vent en poupe. Et révèle une tradition vivace et originale.
Le fantastique suisse existet- il? Loin d’être anodine, la question fait plus sens que jamais aujourd’hui. La calme Helvétie peut se targuer d’abriter la Maison d’Ailleurs à Yverdon – seule institution publique consacrée à la science-fiction et à l’utopie – et le Neuchâtel International Fantastic Film Festival (NIFFF), mais peine à briller par son vivier créatif, à l’exception notable du plasticien grison Hans Ruedi Giger, père de créatures monstrueuses comme Alien. Les artistes suisses seraient-ils trop terreàterre? «La Suisse est peut-être plus spectatrice que productrice, observe Patrick Gyger, directeur de la Maison d’Ailleurs.
Mais, de par sa société relativement normalisée, elle permet de trouver très vite une place dans la marge.» Comme il existe une tradition d’art brut, il y aurait donc une place pour un imaginaire fantastique, englobant aussi bien la science-fiction que l’anticipation ou le merveilleux. Aux artistes de la prendre!
Tradition et élan nouveau. Ces dernières années, une dynamique s’est instaurée, en littérature notamment. Ancien correspondant pour le Spiegel, le Bernois Christian Kracht distille depuis Berlin des récits de science-fiction traduits en 14 langues. Quant au Fribourgeois Georges Panchard, il a eu en 2005 les honneurs de la collection Ailleurs & Demain, chez Robert Laffont, pour son roman Forteresse. A sa suite, c’est une dizaine de jeunes auteurs romands qui sont publiés ce printemps par l’éditeur français Rivière blanche, dans le cadre d’un travail d’anthologie consacré à la littérature fantastique à travers la francophonie.
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