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Responsables de ce projet, Vincent Gessler et Anthony Vallat y voient le fruit du travail entrepris avec les «Mercredis de la S-F» qui, depuis 2003, réunissent chaque semaine entre Genève et Lausanne des auteurs romands attachés au genre: «Aujourd’hui, il existe un réseau qui insuffle une dynamique nouvelle à la littérature de l’imaginaire en Suisse romande.»
L’isolationnisme helvétique. Un élan nouveau qui tranche avec un certain individualisme qui a jusqu’ici primé. Si de nombreux artistes suisses se sont essayés au fantastique – souvent avec bonheur – leurs œuvres n’ont en effet jamais accouché d’un mouvement ou d’une école, à en croire Jean-François Thomas (critique spécialisé dans la science-fiction) et Anaïs Emery (programmatrice du NIFFF), qui se sont penchés respectivement sur la littérature romande et le cinéma suisse. Reste qu’une tradition fantastique se détache de leurs travaux, trouvant des exemples dès la fin du XIXe siècle, jusqu’à révéler une certaine spécificité helvétique.
«On constate chez les auteurs suisses un goût prononcé pour l’anti-utopie, dans la lignée des récits de George Orwell, observe ainsi Jean-François Thomas. On y décrit un monde pire que celui dans lequel on vit, comme si l’on craignait que quelque chose nous tombe sur la tête.» Dans Si le soleil ne revenait pas, Ramuz joue par exemple des codes du fantastique, instaurant une psychose de fin du monde dans un petit village de montagne.
Plus près de nous, des auteurs comme Bernard Comment ou Anne Cuneo se sont également essayés au genre, composant des uchronies qui plongent la Suisse dans des périls insoupçonnés. Dans Château d’eau, Comment imagine ainsi un pays inondé, suite à la volonté du gouvernement de conserver l’eau des fleuves pour lui seul. Dans Vermine, Cuneo décrit pour sa part une Suisse affaiblie par le départ des immigrés italiens, partis rejoindre leur patrie devenue communiste.
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