A droite de l’image, Roger Federer, vu de dos et tout en blanc, semble s’en aller vers un incertain destin. Alors que le tournoi de Wimbledon vient de commencer, les publicitaires de Rolex ont trouvé le moyen d’accompagner leur héros, actuellement numéro deux mondial: dans la victoire, bien sûr, mais aussi dans la défaite. C’est assez nouveau et nettement plus délicat. Et de citer Kipling dont les propos sont gravés à l’entrée des joueurs qui mène vers le court central: «Si tu peux rencontrer triomphe après défaite et recevoir ces deux menteurs d’un même front». A priori, la maison horlogère parie toujours sur l’exploit de Roger. Mais elle n’exclut pas que la couronne lui échappe. A ce jeu-là, braquer le projecteur sur Kipling, c’est finement trouvé. Mais au-delà de l’opération marketing, la reine des montres de luxe ouvre la voie à une insolite perspective. L’ère des inévitables success stories, du win-win obligé et du blingbling universel toucherait-elle à sa fin? Echouer, tomber, se relever et rendre grâce, serait-ce désormais reconnu et respecté? Vraiment finie, la mort aux vaincus? Samedi passé au Festival de la Terre à Lausanne, l’humaniste Pierre Rabhi a parlé de l’homme nouveau, qui serait mû par la générosité et la compassion. Dans un tout autre style, le publicitaire Jacques Séguéla affirmait un jour: «Si à 50 ans on n’a pas une Rolex, on a raté sa vie.» Si Roger qui en porte au moins une échoue à ce tournoi, qu’il se rassure: il n’aura pas pour autant raté sa vie.
TOMBER, SE RELEVER ET RENDRE GRÂCE, SERAIT-CE DÉSORMAIS RECONNU?
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