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Mis en ligne le 25.07.2012 à 15:48 |
Virginia Woolf
L’Anglaise qui n’en finit pas de faire des VaguesRÉVOLUTION L’incipit de son roman Mrs. Dalloway – «Mrs. Dalloway dit qu’elle irait acheter les fleurs elle-même» est l’équivalent anglo-saxon du «Longtemps, je me suis couché de bonne heure» de Proust. 71 ans après son suicide par noyade, Virginia Woolf entre dans La Pléiade qui rassemble, en 2 tomes et dans des traductions pour la plupart nouvelles, dix romans – dont les marquants Une chambre à soi, Orlando, Les vagues, Mrs. Dalloway – et un recueil de nouvelles inédites, soit l’entier de ses fictions. De quoi vérifier sur la bête pourquoi cette surdouée rebelle, bien décidée à embrasser le quotidien dans toute sa géniale banalité, inventrice des notions de «moments d’être» (moments of being) et de «flux de conscience» (stream of consciousness), a révolutionné la littérature. Et donné aux femmes une «chambre à elles...». «Œuvres romanesques». De Virginia Woolf. Editions Gallimard/La Pléiade, 2 tomes, 1552 p. chacun.
Charles-Ferdinand Ramuz
Les grandes variations romanesquesRedécouverte Le magnifique travail d’intégrale Ramuz, entrepris sous la direction de Roger Francillon et Daniel Maggetti depuis 2005, en est à son XXIIe volume, sur les quelque 30 prévus. Ce nouveau tome est le quatrième consacré aux romans. Il couvre la période 1913-1915 et les textes (La vie meilleure, Construction de la maison et La guerre dans le Haut-Pays) permettent de prendre conscience des expériences très diverses que Ramuz menait alors avec les différentes formes romanesques. Construction de la maison, jusque-là inédit , est ainsi le premier texte voyant Ramuz s’aventurer au cœur de Lavaux, avec une histoire vigneronne pleine des contradictions encore valables aujourd’hui. Un CD accompagne le livre, avec notamment de formidables reproductions de manuscrits. «Romans. Tome 4: 1912-1915». De Charles-Ferdinand Ramuz. Editions Slatkine, 508 pages.
Jules Verne
Le passage de l’écrivain à l’auteur de génieReconnaissance Son entrée dans la collection de La Pléiade est un événement considérable. Il aura fallu attendre 107 ans depuis sa mort pour voir son statut évoluer jusqu’à cette Olympe éditoriale. Longtemps ressenti comme un écrivain pour la jeunesse plutôt que comme un grand de la littérature, Verne a pourtant changé l’écriture, l’ouvrant à la science, donc à la science-fiction, et ajoutant une dimension poétique à ce goût de la découverte et de l’aventure. Deux tomes pour ces Voyages extraordinaires. Le premier regroupe Les enfants du capitaine Grant et Vingt mille lieues sous les mers, le second L’île mystérieuse et Le sphynx des glaces. Détail fondamental: La Pléiade a conservé dans ces volumes les gravures sublimes de l’édition Hetzel, considérant qu’elles font partie de l’œuvre originale. «Voyages extraordinaires». De Jules Verne. Editions Gallimard/La Pléiade, 2 tomes de 1488 et 1264 p.
Jean-Jacques Rousseau
Le monument en 24 volumesTotale Il est évidemment rare ou illusoire de pouvoir utiliser le mot de «définitif» en matière d’édition. Mais on n’est sans doute pas loin de cela avec cette formidable version en 24 volumes des Œuvres complètes et lettres de Jean-Jacques Rousseau que vient de publier Slatkine. Augmentant, précisant, retrouvant des inédits, fragments, textes méconnus, cette version peut ainsi prétendre à dépasser celle, historique, que La Pléiade avait publiée à partir de 1959. Quatre ans de travail, plus de 20 collaborateurs, 15 284 pages au total. On peut les acquérir en version reliée ou brochée. Sept volumes regroupent les lettres de Rousseau, dont nombre de missives inédites. La version électronique est en finalisation et devrait être disponible dans quelques mois. «Œuvres complètes». De Jean-Jacques Rousseau. Editions Slatkine, 24 volumes, 15 284 pages. |









